ARTIE V. — LIVRE III
s*était décidé à quitter V Amélie et à se confier à la protection de la Grande-Bretagne. L'amiral français Touchard chargea le commandant de l'aviso Biche d'escorter les souverains déchus.
La révolution d'octobre, à peine connue en Occident^ devint l'objet des commentaires de toute la presse. Les journaux libéraux furent unanimes en Italie , en France , en Belgique et même en Angleterre. Tous se prononcèrent en faveur des Hellènes , et ce peuple , diffamé avec tant d'acharnement par l'hôte de Maximilien II * et par le journalisme austro-bavarois, trouva d'habiles défenseurs dans la presse allemande indépendante. Mais l'attitude des principaux organes de l'opinion publique en Angleterre attira surtout l'attention universelle. Je prédisais dans la préface de cet ouvrage que la discussion finirait par affaiblir les préjugés des Anglais. Cette prédiction s'est réalisée même avant qu'on eût achevé l'impression de mon livre. Le Times , le principal représentant du « quatrième pouvoir » ; le Daily-News , dont les relations avec lord John Russell sont connues ; un peu plus tard, le Mor-
* Fâllmerayer à la fin de sa vie trouva un asile contre le mépris général dans une demeure royale.
616 LA RÉVOLUTION d'OCTOBRE.
m'ngf-Posf lui-même , journal de lord Palraerston, ont expliqué à leurs lecteurs les causes de la révolution d'octobre , de manière à prouver que les Hellènes, loin d'avoir fait acte de turbulence , avaient poussé la patience jusqu'aux dernières limites.
c Si jamais , disait le Times à la fin d'octobre , il a existé dans le monde un prince incapable de régir les peuples , ce prince a été certjiinement Othon. On peut dire de lui avec assurance que pendant vingt-sept ans qu'il a occupé le trône de Grèce, il n'a rien fait que des fautes. Si les trois puissances protectrices avaient pris la résolution de ruiner le petit royaume créé par elles , elles ne pouvaient choisir un homme plus propre à cette tâche , un homme qui n'avait d'autre qualité que la fourberie, dont les rois se vantent presque toujours, mais qui presque toujours tourne à leur ruine.» Le Times y après avoir constaté qu'il était déjà très-fâcheux pour les Hellènes de recevoir pour chef un prince à peine sorti de l'enfance , fait remarquer que la régence n'était point capable de remédier à ce grave inconvénient , et que dans son zèle à introduire en Grèce les usages européens , elle n'a pas oublié