‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 317 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE III

pouvaient résoudre mieux que personne — au moins ne devaient-ils pas manifester une irritation si choquante quand des publicistes d'ailleurs bien intentionnés leur conseillaient de préférer à un prince de dix-huit ans, élevé dans la religion anglicane, un gouvei^nement sorti du sein de la nation. Cette irritation n'était-elle point de nature à accréditer de la manière la plus déplorable les préjugés répandus par l'écolede Fallmerayer contre leur race et contre leur Église? Malgré les critiques que certains actes regrettables ont inspirées à l'Occident, les organes de l'opinion libérale n'ont pas manqué de tenir compte au gouvernement hellénique des difficultés sans nombre de la situation. Un gouvernement provisoire, né de l'insurrection, obligé parfois de fermer les yeux sur certains abus pour en empêcher de plus graves, n'a pas toute la liberté d'action des autorités régulièrement constituées. Son devoir le plus urgent est de presser la convocation des représentants de la nation, et d'éviter de l'engager par des résolutions qui dépasseraient les pouvoirs qu'il a reçus de la nécessité. En définitive, l'histoire des gouvernements provisoires qui se sont succédé en

630 LA RÉVOLUTION d'OGTOBRE.

Occident depuis 1789 doit rendre indulgent pour le triumvirat créé à Athènes ^ar la révolution d'octobre. Cette histoire montre qu'il a usé de la dictature avec une modération dont les gouvernements sortis de la même origine sont bien loin d'avoir toujours donné l'exemple. Quant au peuple lui-même, on ne doit pas oublier, pour comprendre le caractère trop exclusif de son enthousiasme pour la Grande-Bretagne, que le zèle vraiment louable déployé en 1862 par le ministère anglais en faveur des Romains et des Vénitiens était de nature à frapper plus vivement son ardente imagination que ses intrigues dans le nord de la péninsule orientale ^ Comment, disait-il, la libre Angleterre ne finirait-elle pas par voir que le vicaire de Mahomet ne mérite pas plus d'intéresser les compatriotes de Byron et de Gladstone que le prétendu vicaire de Jésus- Christ, et que la tyrannie des Turcs est encore plus difficile à supporter que la domination des Autrichiens ?

* Ces intri^es sont avouées par ces déclarations semi-officielles : « La politique de rAngleteiire demande impérieusement l'intégrité de l'empire ottoman!!» {Moming-Post du 24 novembre 1862.)

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