LIVRE QUATRIÈME
tjm Qrèee en t968.
Au moment où va commencer une année qui ne semble pas devoir diminuer les complications de la question orientale , les meilleurs esprits sentent la nécessité de donner au royaume de Grèce une organisation solide et définitive.
Les Anglais pensent en général que les Hellènes , au lieu de songer à des conquêtes actuellement impossibles , feraient beaucoup mieux , comme les Piémontais avant 1859 , de travailler à constituer un État véritablement libéral. «Mais, disent-ils , ils ont, comme les autres peuples de notre continent , toutes les fois qu'il s'est agi de liberté, lâché la proie pour Tombre. Pour que les institutions libres prennent racine dans un
pays y il faut qu'elles soient implantées dans un
sol bien préparé , autrement elles disparaîtront au premier soufltte orageux. Or tout régime vraiment libéral doit avoir pour base ces libertés civiles , dont TAngleterre seule jouit en Europe. La maison de tout Anglais est une forteresse où il peut braver fièrement les tracasseries de la police et les fantaisies arbitraires de la bureaucratie. Ses mouvements ne sont entravés par aucun des règlements ridicules, empruntés aux temps où le serf était attaché à la glèbe , passeports , permis de séjour , cartes de sûreté , etc. , et autres inventions puériles que la postérité ne parviendra pas même à comprendre , dont les voleurs se sont toujours moqués et qui condamnent les honnêtes gens à une inquisition digne du moyen âge dans des pays qui se disent et qui se croient peut-être libres. Or la Grèce , loin d'être sur ces points essentiels et sur tout ce qui est relatif aux autres libertés civiles plus avancée que la France et l'Allemagne , est aussi arriérée qu'il est possible. La détention préventive y pour ne citer qu'un des nombreux exemples qu'on pourrait mettre en avant , la détention préventive, si justement odieuse à toute l'Angleterre , y a toujours été florissante. Faut-il s'en