‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 36 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

(le siècles , avait construit sur l'acropole le sanctuaire célèbre qu'on nomme encore « temple de la Vierge» ou Parthénon? Comment aurait-elle pu s'étonner de voir un^ mère jouir du privilège de la virginité y elle qui était convaincue que la mère d'Héphaestos redevenait vierge chaque année après un bain pris dans la source Canathos , à Naupli * ? Comment aurait-ellfî pu refuser ses sympathies à la Panaghia des douleurs (Panaghia ion ponôn) , elle qui avait pleuré sur les angoisses maternelles de Déméter? Quant au peuple enthousiaste d'Alexandrie , il était trop habitué à vénérer Isis nourissant Horus * , Isis , pareille à la Maya des Hindous 9 allaitant le Bouddha', pour condamner les honneurs rendus à Marie. Les chrétiens de l'Occident trouvèrent même ces simulacres d'Isis si bien appropriés au culte de la Mère de Dieu , qu'ils en ont fait leur « vierge noire » , dont le visage est aussi sombre que ce* lui d'Athon , « la nourrice des Dieux. » La vierge de ce nom , révérée au Puy-en-Velay (France) , vient, dit-on, d'Egypte, tradition vraisemblable.

*Pausanias, II, c. 28.

• Voy. ChampoUion, Notices sur le musée Charles X, nos 555 , ' Voy. Moor, The Hindu Panthéon, p. 59.

La couleur de la statuette du Puy a été adoptée pour les célèbres Madones de Loretto (Italie), d'Einsiedeln (Suisse) , de Chartres (France), etc.

11 parut naturel que, dans un temple consacré à la glorification du type féminin, les fonctions du sacerdoce fussent réservées à une femme. L'antiquité , logique en ce cas , offrait dans ses idées ordinaires sur le rôle des femmes, les mêmes contradictions que la période chrétienne. Les disciples de Jésus-Christ sont convaincus que la femme a pu devenir e mère de dieu i> , mais ils lui refusent, en général, Tintelligence nécessaire pour gouverner sa fortune et ils la maintiennent dans une perpétuelle tutelle. Les Hellènes , qui ne se faisaient pas de notre sexe les idées que suppose la maternité de Marie, n'excluaient point pourtant la femme du sacerdoce. Les oracles de la Pythie avaient en Grèce autant d'importance que les décisions du pape en ont en Espagne ou en Pologne. Des déesses telles que Déméter, Artémis, Commo, Gaea, n'avaient pas seules des prêtresses ; — celles de Déméter se nommaient Mélisses ou abeilles — on trouve des prêtresses de Dionysos à Athènes^ d'Héraclès à Thespies, d'Apollon Diriadote en

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