‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 37 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

Corinlhie. Bœckh donne une foule d'inscriptions prouvant qu'elles s'acquitlaient généralement avec succès de fonctions dont leurs titres constatent assez l'importance. Une inscription (T. 11, no 2823) appelle la prêtresse d'Artémis : «grande prêtresse d'Asie » ; l'autre (/6., n°2820) qualifie la prêtresse de Héra àAphrodisias de « mère de la ville » ; une inscription de Thyalire (ro 3508) nomme une prêtresse d'Artémis «grande prêtresse d'Asie, administrant les temples de Smyrne. » A Argos, la prêtresse de Héra, qui semble avoir exercé les fonctions de grandpontife, donnait son nom à l'année. L'histoire a conservé celui de Cydippe , qui pria la déesse de récompenser la piété filiale de ses deux fils par le plus grand bonheur qu'un homme pût

obtenir. Héra leur envoya un doux sommeil

qui n'eut point de réveil. Ce mythe mélancolique prouve que les anciens Hellènes n'étaient pas toujours dénués d'idées justes sur les épreuves de l'existence, et' qu'ils ne s'abandonnaient pas constamment en aveugles au fol enivrement et aux dangereuses illusions de la vie.

A neuf heures, je passai par Tyrinthe. Je descendis de voiture pour jeter un coup d'œil sur II ^

les masses sombres des ruines que la lune illuminait de fantastiques clartés. De gros chiens aboyaient tout à Fentour. La nuit, me dit un gardien des vignes, les renards et les chacals, hôtes des solitudes, se promènent dans ces débris qu'ils remplissent de leurs sinistres glapissements.

Lorsque j'arrivai à Naupli, chef-lieu de la nomarchie de TArgolide et de la Gorinthie, j'eus d'abord quelque peine à pénétrer dans la place, Naupli est bâtie sur une petite péninsule qui s'avance dans la partie orientale du golfe d'Argos. Un isthme, occupé par un roc escarpé qui ne laisse qu'un passage étroit pour arriver dans la ville, relie cette presqu'île au continent. Or, la porte étant fermée à mon arrivée , on glissa sous cette porte la circulaire du ministre de la guerre. Un paysan était en conversation avec un militaire placé en faction au-dessus de la porte. L'un et l'autre échangeaient des invectives comme les héros d'Homère. Le villageoii^ n'appelait pas le soldat « cœur de cerf» , comme Achille nommait

le roi de Mycènes ; mais ses expressions n'étaient pas beaucoup plus parlementaires. La forteresse ti'était pas plus épargnée que ses défenseurs :

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