PARTIE II. — LIVRE IV
fectaient l'air. Cependant sur cette terre féconde, les arbres étalaient déjà une végétation splendide, dans les cantons même les plus ravagés. Les beaux plants d'oliviers des environs de Kiparissia passaient pour les plus productifs de la Grèce. Philitrà, située au sud de Kiparissia, semblait placée dans une véritable forêt d'oliviers, et les maisons se cachaient dans les vergers où se dressaient de sombres cyprès. Gargaliano, à trois lieues de Philiatrà , était fière de ses vignes , de ses beaux cyprès , de ses oliviers et de ses champs de coton. Quoique sur la route de Colonides à Coroni , on côtoyât la mer au milieu de plantations d'oUviers mutilés ou brûlés par les Turcs, on admirait la riche végétation de Kastélia, délicieux séjour où au temps dePausanias les malades venaient recouvrer la santé. Kalami, chef-lieu de la nomarchie, avait des maisons entourées de nopals et d'oliviers , et ses jardins étaient plantés d'orangers.
Vingt années n'ont fait qu'accroître les richesses végétales de la Messénie. Kiparissia est au milieu d'une végétation luxuriante. Le voyageur admire les champs fertiles, les bois de chênes et d'oliviers qui entourent le village de
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Mavromali (ancienne Messène). Quand on va de Messène à Néokastron (Navarin), on trouve la magnifique forêt de Koumbis. La plaine entre Navarin et Philiatrà , qui longe la mer , est fertile et bien cultivée.
Les figuiers réussissent en Messénie mieux que dans aucune autre nomarchie. La récolte de la Messénie qui , en 4840, ne produisait que 41,564 quintaux de figues, s'élevait en 1856 à 92,000 quintaux, sans compter la quantité absorbée par la consommation intérieure. Les figuiers étaient alors au nombre de 260,000, tandis qu'il en existait à peine 50,000 en 1834*. La récolte rapportait en 1859, 754,839 drachmes*.
On a pu remarquer que la culture de la vigne, du mûrier, de l'olivier, etc., a, comme celle du figuier, fait de très-grands progrès depuis la guerre de l'indépendance. Des paysans pauvres devaient s'appliquer naturellement à un genre de travail qui n'exige que peu ou point de capitaux. Il en est résulté que le bétail et les céréales sont loin de suffire aux besoins du royaume.
* Rapport de M. Coumoundouros , p. 78.
' Tableau du commerce de la Grèce pour Vannée 48S9.