‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 43 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

Missolonghi , en avant , en arrière , à mes côtés , je ne voyais que toi ; ici , sous les murs d'Athènes, c'est encore toi que je retrouve ! j — « Je suis le Roumili-Yalissi des Hellènes, répondit fièrement Karaîskakis , tu es celui des Turcs : il faut qu'un de nous renonce à ce titre ; la guerre en décidera...» Pressé d'accomplir ces résolutions belliqueuses , et sachant que l'acropole était en état de tenir tête aux Ottomans , Karaïskakis souleva de nouveau les provinces de la Roumélie, il déjoua tous les plans de Reschid, et au moment où le sérasker s'y attendait le moins , après une série de combats glorieux, il tomba sur l'armée de réserve des Turcs, à Arakhova. Les Albanais musulmans, commandés par Moustapha-bey, bloqués de toutes parts, auraient voulu capituler. «Le sang de nos frères égorgés à Missolonghi doit être vengé , répondit impétueusement le général hellène. Si vous avez du cœur , faites comme eux , ouvrez-vous un passage le sabre à lamain.» Délogés de l'église, les Ottomans furent écrasés , et de leurs têtes on fit, sur une colline voisine de l'église, une pyramide qui n'existe plus. Omer , pacha de Garystos , ne fut pas plus heureux, en 1827, à Distomo. Les Turcs oÊfri-

rent d'acheter au poids de Tor la liberté de battre en retraite. «Si vous êtes braves, dit Karaïskakis , essayez de passer par la force ; si vous êtes des polirons, jetez vos armes ou nous vous les arracherons nous-mêmes. » Après avoir perdu 800 hommes, Omer-pacha eut peine à s'échapper.

Grâce aux efforts des chefs de la Roumélie , de Karaïskakis, de G. Soultanos, de J. Coletti, du vieux Garatassos, secondés par l'Arcadien Nikitas et par le Français Fabvier, qui passa avec 650 hommes à travers l'armée des Turcs pour ravitailler l'acropole, l'année 4826 finit d'une manière vraiment glorieuse. Même dans le Péloponèse , les moines du Mégaspiléon et les héroïques montagnards de la Maïna firent pâlir l'étoile d'Ibrahim. Le peuple de la presqu'île, écrasé par les forces réunies de l'Afrique, de l'Asie et de l'Europe musulmane, réduit à l'impuissance par le défaut d'organisation militaire, par le manque de bonnes armes, par l'ignorance de ses chefs en matière de tactique, opposait une obstination magnanime à l'invasion étrangère. Tandis que les débris de l'armée péloponésienne harcelaient les Musul-

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