PARTIE II. — LIVRE V
avait pour mission de protéger le gouvernement donné à la Grèce par les puissances. On connaît le lion érigé dans la capitale du canton catholique de Lucerne à la gloire des soldats suisses qai succombèrent en défendant Louis XVI contre l'insurrection républicaine du 10 août. Le sculpteur allemand Siegel , chargé de perpétuer la mémoire « des officiers et soldats de la royale brigade bavaroise morts en Grèce en 4833 et 1834,» a eu la malheureuse idée de prendre pour modèle le lion gigantesque taillé dans le roc des Alpes. Il semble que, outre Tinconvénient de rappeler la chute d'un roi bien intentionné, mais déplorablement faible envers les ennemis de son pays et que tous les secours étrangers n'ont pu protéger contre un élan de la colère des masses, un pareil monument fasse une assez mauvaise figure en Grèce. On s'étonne que les militaires venus de Bavière et le roi Louis I^r aient songé à perpétuer la mémoire de ces obscurs guerriers , tandis que le .plus modeste souvenir n'a pas encore été consacré aux plus illustres philhellènes, à l'Anglais Byron, à l'Italien Santa- Rosa, au Français Fabvier*, à l'Allemand Nor-
* M. A. R. KhaDgavis a du moins rendu justice à cet iUustré H «
mann, etc. , dont le dévouement pour la Grèce a été si éclatant et si désintéressé.
Depuis que Naupli a perdu le titre de capitale, cette ville n'a plus d'importance politique. Sa population est tombée de 40^000 habitants à 4000. Elle n'est plus que le chef-lieu de la nomarchie d'Argolide et Corinthie. Elle possède une cour royale, un collège royal et plusieurs écoles de garçons et de filles.
Pendant que je dînais , il arriva d'Athènes par le paquebot toute une société de ma connaissance, que j'invitai, ainsi que M^neAndonopoulos et sa famille, à venir avec moi à Tyrinthe. Nous nous arrêtâmes à la ferme-modèle , fondée par Gapodislrias. Depuis , elle a été partagée et aiferraée à divers cultivateurs. Un Français^ établi sur cette propriété , rendait pleine justice à l'intelligence des habitants du pays. Avant lui, un économiste de la même nation , M. Casimir Leconte, avait écrit « que le paysan grec est intel- Ugent et n'a aucune répugnance à adopter des procédés de culture plus avancé» , pourvu qu'on lui ait démontré les avantages par des faits*.»
philhellène dans le discours qu*il a prononcé à Tacropole en son honneur. Voy. Spectateur de VOrient, 53^ liv. * Etude écon, p. 121.