‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 6 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE IV

Quand on vient d'un pays comme la Suisse , où abondent les bétes à cornes, ou d'Italie, où les bœufs sont si beaux , on est assez surpris de voir en Grèce tant de moutons * et si peu de gros bétail y un petit nombre de vaches maigres et de bœufs efflanqués. Aussi le fromage, d'ailleurs excellent, est-il produit par les brebis et par les chèvres. Au revenu que donnent les moutons il faut ajouter l'exportation de la laine, qui a été de 442,459 drachmes pour 4857, de 454,502 pour 4858 et de 248,702 pour 4859. Pendant sept ans de guerre, le bétail de toute espèce, dont la Grèce abondait, a été presque anéanti. En 4856, le chiffre des bestiaux s'élevait seulement à 5,297,886 tètes*. Aussi voit-on en 4852 et en 4853 l'importation dépasser l'exportation environ du double. Le déficit se maintient en 4857-4859. En 4857, 4858 et 4859 l'importation est de 678,347; — 4,367,052; — 4,396,897 drachmes; et l'exportation n'est que de 394,084; - 533,345; — 639,544 ^ Ce

' Cinq millions de bètes à laine en 1854.

* Rapport du ministre des finances du 4 décembre 1857, p. 11.

' Tableau général du commerce de la Grèce pendant Vannée

déficit entraîne de graves conséqueiï^s. Il est maintenant constaté que sans gros bétail Tagriculture est condamnée à l'immobilité. Or, en Grèce, cette loi économique est encore si peu comprise, du moins dans la pratique, que (n rélève des bestiaux ne fait pas partie de TagricultureMï) La viande d'agneau elle-même, qui fait la base de l'alimentation des gens aisés , reste interdite au plus grand nombre , quoique l'augmentation considérable de vigueur que la nourriture animale donne à l'ouvrier et au cultivateur * soit de la plus haute importance pour un pays où l'extrême rareté de la population rend indispensable le déploiement de l'énergie individuelle. Les galettes de maïs, mets indigeste dont se contentent généralement les paysans, sont, au point de vue hygiénique, un aliment fort insuffisant. Le poisson , dont les propriétés fortifiantes ne sont plus contestées', est trop cher pour suppléer à l'insuffisance de ce régime,

^Rapport du ministre des finances, M. Goumoundouros, p. 11.

* La supériorité de l'ouvrier et du cultivateur anglais est due à une alimentation exceptionnelle.

^Voy. dans la Revue des DetuD-Mondes un article de Baude sur l'empoissonnement.

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