PARTIE III. — LIVRE I
tion. Ce fut à cette époque qu'elle entendit pailler de rhétairie * qui ne repoussait pas plus les services des femmes que la Révolution française. cAla naissance de cette société, dit l'Anglais Blaquières, les femmes mirent la plus grande activité à lui faire des prosélytes, et il n'était pas rare de voir des dames distinguées à la tête de ses branches, t^ En effet , les femmes qu'on proclame € mineures 1^ dans les temps paisibles, quand on ne veut pas les enfermer dans le harem d'un Mormon comme M. L. A. Bertrand*, le démocrate , ou quand on n'en fait pas comme M. Proudhon, le socialiste, une espèce inférieure, sont jugées très-capables de souffrir , de combattre , de porter des fers et de mourir sur l'échafaud dans les dangers de la patrie. La France , pour ne citer qu'un exemple, a daigné se laisser sauver par Jeanne Darc , mais essayez de lui faire comprendre qu'elle doit introduire dans le Gode Napoléon des dispositions plus conformes à la justice éternelle I Sans ces dispositions, les droits les plus sacrés de notre sexe, son repos , sa di-
*H. J. Philimon a écrit l'intéressante histoire de Thétairie. *Voy. Mémoires d*ttn Mormon, dans la Reime contemporaine de 1861.
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gnité, son avenir seront perpétuellement à la merci d'un ivrogne , d'un joueur , d'un débauché ou d'un ûlou y danger dont l'affection défiante d'une famille met si peu à l'abri que M. Necker, Genevois , et sa femme , W^ Curchod , Vaudoise, appartenant à deux pays où la prudence est poussée jusqu'aux dernières limites , n'ont pas évité de choisir un dissipateur pour leur fille, et M«ne de Staël n'a pu échapper à la ruine que par une séparation !
Après avoir prêté à l'hétairie le serment qu'on exigeait des initiés , Bobolina travailla à propager l'hétairie en Laconie, où il paraît qu'elle avait des relations , tout en s'occupanl de faire venir des contrées occidentales des munitions pour ses vaisseaux , qu'elle voulait employer au service de la patrie. Lorsque l'insurrection éclata , elle arbora le drapeau national sur ses navires le jour de l'Annonciation de l'année 1821. Elle en envoya trois à Epidaurus-Limera et à Mélos , tandis qu'elle-même, avec le plus grand, se dirigeait vers Naupli, accompagnée de 139 marins et de ses deux fils Jean et Nicolas. Un Français, le colonel Voutier, qui la vit au siège de Naupli, rapporte « qu'elle était encore belle , et que ses