PARTIE m. — LIVRE I. Hl
manières étaient franches et ouvertes. > — t Elle rit de tout son cœur, ajoute-t-il, quand nous lui dîmes combien on parlait d'elle à Paris , où on la représentait avec des pistolets et un grand sabre. Bobolina n'est pas une amazone , mais pleine de sentiments généreux et du plus ardent patriotisme, elle est une tradition fidèle des femmes de Sparte ^ i>
A peine arrivée sur les côtes de l'Argolide, rhéroïne spetziote trouva une occasion de signaler sa valeur. Son vaisseau étant mouillé entre Naupli et Lerne, elle apprit que les Turcs égorgeaient les chrétiens du rivage. Elle s'empressa de descendre pour secourir ses frères et obligea . les Musulmans à prendre la fuite. Le lendemain , les Argiens vinrent la féliciter de sa bravoure et la mettre à leur tête. A peine était-elle étabhe dans Argos , que Moustapha-bey, kiaîa de Kourchid , qui marchait sur Tripolis , attaqua les insurgés de l'Argolide. Bobolina apprit dès le début de la guerre à quelles douleurs est exposé le cœur des mères qui se dévouent à leur pays. Son fils Jean périt dans un combat avec vingttrois marins de Spetzia. Cependant elle eut,
* Voutier, Mémoires sur la guerre des Grecs,
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dans sa douleur, la consolation de sauver beaucoup de compatriotes que les vaisseaux grecs conduisirent dans des endroits sûrs. Impatiente de venger son fils, elle retourna devant Naupli avec un navire. Mais elle en laissa le commandement à Nicolas, afin de prendre part au siège de Tripolis. Ses marins s'y conduisirent avec leur bravoure ordinaire. Habitués à une existence
pleine de périls , obligés de défendre leurs na-
vires contre les corsaires de l'Afrique septentrionale, les insulaires n'étaient pas, comme les paysans du Péloponèse , étonnés des dangers de la vie militaire. Aussi montrèrent-ils dès le début de la guerre une résolution qui ne se démentit jamais. Il suffit d'avoir examiné un moment la face de lion de Canaris pour s'assurer que le héros de Psara est étranger au sentiment de la crainte. Les Miaoulis, les Sakhtouris, les Tombasis et les Tsamados n'étaient pas plus faciles à effrayer.
Au milieu des *horreurs du sac de Tripolis , Bobolina s'empressa de voler au palais du visir. Les femmes de Kourchid-pacha s'y trouvaient renfermées sous la protection de son kidia. Toutes richement vêtues ^ la bouche et le front