PARTIE III. — LIVRE I
Magie et sur les Mystiques esdatique» et les stig* matisés?
Sans doute le paganisme , dont la tâche était de préparer une forme religieuse supérieure , n*a • pas été exempt de graves imperfections. Mais le moyen âge , qu'on aime aujourd'hui à présenter comme le règne de la vertu et de la vérité, n'avait-il pas aussi ses côtés sombres ? Quand on voit f à cette époque tant vantée par le catholicisme contemporain , les courtisanes établies à Venise et dans la France méridionale, louées par les magistrats pour leurs services; quand on trouve des e rois des ribauds :» et le € droit du seigneur , i> des fêtes des fous et des ânes , l'obscénité trônant jusque sur les bas-reliefs placés à rentrée des églises ou décorant les stalles des prêtres ; les dignités ecclésiastiques devenues la proie des étranges favoris des prélats ^ , on doit être moins sévère pour des excès qui de l'Asie passèrent trop aisément en Grèce. Les temps modernes eux-mêmes sont-ils assez chastes pour être si rigoureux? Sans parler de ces pays latins ou slaves que les Germains ont l'habitude de peindre avec des couleurs tellement rembrunies,
*Voy. les curieux écrits de N. de Glémenges.
il sufBt de jeter un coup d'œil non sur des capitales , mais sur une petite ville essentiellement germanique, telle que Weimar, pour se. faire une idée de la vertu allemande au siècle glorieux desHerder, des Gœthe et des Schiller. Les lettres • de Klopstock à Gœthe, la correspondance de Schiller avec Kœrner ne laissent rien à désirer en fait de clarté. «Il n'est point de femme qui n'ait une liaison , » écrivait l'auteur de Jearme Darc. Les choses en étaient au point que, selon un historien de Gœthe , le mariage aurait pu être appelé aussi bien en Allemagne qu'en France « le sacrement de l'adultère *. »
Je sais bien qu'on a le droit de reprocher aux. anciens Hellènes des désordes infiniment plus graves, que l'instinct n'explique même pas. Mais la littérature latine, les chroniques des couvents bouddhistes, etc. , prouv(Éit que ce reproche atteint l'antiquité tout entière. L'antiquité.... plût au ciel que notre temps fût débarrassé de désordres que les cours d'assises françaises ont eu si souvent occasion de châtier en 1861* dans des membres des ordres religieux! Le prêtre
* Voy. Revue germanique^ Vie de Gœthe^ novembre 1861. *Voy. la Gaiette des Tribunaux de 1861.