PARTIE III. — LIVRE I
N. de Glémenges , célèbre recteur de l'Université de Paris, atteste que les mêmes désordres existaient au moyen âge , et que l'imprudente sanction donnée par les gouvernements à des lois absurdes a toujours produit assez de tristes résultats pour rendre les chrétien^ excessivement modestes dans les appréciations qu'ils font de la Grèce païenne.
Éros (Gupidon), fils d'Aphrodite , était surtout populaire en Béotie, parmi ces fervents adorateurs de Dionysos, chez lesquels son culte avait pris une grande extension. Aussi, tandis que les poèmes homériques ne font pas même mention d'Éros, Hésiode, lepoëte béotien, lui attribuedans la Théogonie un rôle de la plus haute importance comme principe ordonnateur du monde. De même que Platon annonce le Logos divin, ainsi le chantre d'Asera phrophétise l'Esprit d'amour que le christianisme fait, d'après les rabbins, planer sur le chaos, sous la forme de la colombe, oiseau d'Aphrodite et d'Astarté, symbole de la sagesse créatrice, amoureuse de ses propres œuvres. Le mysticisttie, auquel le christianisme donna un si grand essor , se garda bien de proscrire le nom et Tinfluence de l'amour. Il s'empara, au contraire ,
des expressives images du Cantique des Cantiques pour créer une prodigieuse théologie du divin amour, où les ardeurs voluptueuses de Tancienne Grèce se confondaient avec l'aspiration vers l'Infini qui caractérise le monde nouveau. L'Église orientale avait vu le péril , et saint Méthodios, dans son Banquet des dix vierges yle signalait avec une sagesse dont l'impétueux Occident ne voulut tenir aucun compte. Les résultats de cette imprudence sont connus de tous les savants : € Il est certain aujourd'hui , dit M. Maury, le docte bibliothécaire des Tuileries, que des accès d'hystérie sont venus se mêler aux extases pieuses d'une foule d'illuminées, et les ont même souvent déterminées. Dans cet état morbide , les désirs sensuels se reproduisaient sous la forme mystique, et, à travers ces idées d'hymen symbolique de la femme et de Jésus- Christ, apparaissaient les élans comprimés de l'amour physique. » L'auteur de VEssai sur les légendes renvoie aux révélations des Catherine de Sienne, des Brigitte , des Gertrude, des Thérèse , des Marie Alacoque , à la correspondance de la sœur Comuau avec Bossuet et aux ouvrages des docteurs Esquirol , Lélut, Leuret, Bour-