‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 81 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

si exacte Le Roum-Ily^ ou pays des Romains, selon les Turcs , comprend , dans le sens le plus large , la Thrace , la Macédoine , la Thessalie , et même TAlbanie. Cet immense pays qui n'est pas seulement occupé par des Hellènes , puisque les Chkipétars dominent en Albanie et que des colonies slaves et roumaines se sont établies au delà de l'Hémus , est habité par des populations qui ont conservé le caractère belliqueux qu'elles avaient dans L'antiquité. La vaste Roumélie, cette terre des pallicares, devait éprouver une irrésistible sympathie pour les brillants héros de la grande révolution occidentale, qui tinrent tête à l'Europe entière. Dans les montagnes du pays des Roméi , on retrouve la fière allure de l'hellénisme des siècles primitifs , tandis que le Roméos de Constantinople affecte au contraire les rafiSnements de la civilisation moderne. Mais tous, à l'époque où le bruit des armes françaises retentissait jusqu'au pied de la Tsernagora (Montagne-Noire ou Monténégro), tournaient instinctivement leurs regards vers le César des temps modernes qui

* Voy. sa curieuse lettre citée dans le Constitutionnel de janvier 1869.

transformait alors la carte d'Europe. Ils se figuraient que , après avoir restauré l'empire d'Occident, il songerait peut-être à relever le trône de Théodose-le-Grand. Lorsqu'il fut bien évident que Napoléon, qui d'ailleurs n'avait aucune sympathie pour la Grèce, n'entendait partager avec personne l'empire de l'Europe , les Hellènes se tournèrent d'autant plus naturellement vers la Russie que l'empereur Alexandre I^r leur témoignait une très-grande bienveillance. Aussi les hétairistes qui provoquèrent l'insurrection nationale de 1821, penchaient généralement, comme Alexandre et Dimitri Hypsilantis, du côté de l'empire orthodoxe.

Mais lorsqu'on vit l'empereur de Russie désavouer l'aide de camp que l'hétairie avait nommé, en 1820, « commissaire-général extraordinaire du gouvernement;» lorsque son frère D. Hypsilantis eut échoué devant Naupli , une brusque réaction se fit dans les esprits , et cette réaction fut favorable aux hommes qui inclinaient vers l'Occident. La première assemblée nationale, réunie à Épidaure dans une rustique habitation, nomma pour président M. Alexandre Mavrocordalos; elle adjoignit Coletti aux quatre députés

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