‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 83 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

ponésien, André Zaïmis; Tlonien André Métaxas, qui est mort chef du parti russe, et un Phanariote, M. A. Mavrocordatos , chargé des fonctions de secrétaire général.

Ce système de concih'ation n'empêcha point la guerre civile d'éclater en 1824. Colocotronis , soutenu par les primats du Péloponèse, s'insurgea contre un gouvernement dont il croyait avoir plus que personne le droit de faire partie. Le sénat, appuyé par les insulaires et par les Rouméliotes, mit alors à la tête du gouvernement THydriote Condouriotis, en y faisant entrer Coletti, qui venait de montrer en Eubée une certaine aptitude à la guerre. 11 était difficile que l'insurrection résistât à l'alliance roméo-insulaire , alliance dont Coletti avait jeté précédemment les bases. Né lui-même en Albanie, il n'avait pas eu de peine à s'entendre avec les Chkipétars hellénisés des îles argiennes. On l'avait vu , dès 1822, faire constamment des avances aux Spetziotes , et sa liaison avec les compatriotes de Bobolina était à la veille de porter ses fruits. Jean Gouras, qui était alors un des chefs les plus influents de la Roumélie, était disposé à le soutenir. Gouras aimait la constitution républi-

caine d'Épidaure qui plaisait à ses instincts démocratiques. 4: Dans une main, disait-il , je tiens mon sabre, et dans l'autre la charte du pays; malheur à qui tenterait de la fouler aux pieds!» • Collègue d'Ulysse Androutzos , en 1821, il s'était tellement signalé au combat des Thermopyles, qu'il avait transformé en victoire un commencement de déroute. Sa haute taille , ses traits imposants , sa bravoure lui assuraient tant d'empire sur les Rouméliotes qu'il n'eut aucune peine à les décider à prendre parti contre des insurgés dont les projets lui donnaient les plus vives inquiétudes. «C'en était fait de la liberté, dit un savant qui partageait ses idées , le colonel Bory de Saint- Vincent, si Gouras n'eût opposé son courage aux efforts d'une ambitieuse aristocratie, etsiColetti, entraînant par l'ascendant de sa parole tous les capitaines du continent et ses Rouméliotes , n'eût avec une étonnante célérité attaqué, vaincu et désarmé les conspirateurs.» Battue devant l'Acrocorinlhe par Gouras, l'insurrection des primats péloponésiens fut complètement domptée par Coletti. Les frères Délyannis, G. Sissinis, Zaïmis et Londos tombèrent dans les mains du gouvernement ; Panos Coloco-

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