‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 84 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

tronis périt devant Tripolis , et son père fut enfermé au couvent d'Hydra.

De tels succès pouvaient appeler les Rouméliotes à prendre la direction de la guerre contre Ibrahim. La résistance énergique que la Roumélie opposa au dernier moment prouve qu'elle était capable de la conduire avec de véritables chances de succès. Mais M. Â. Mavrocordatos persuada à Condouriotis que Goletti aspirait à la dictature. Ce mot magique, qui tant de fois perpétua la discorde parmi les défenseurs de la révolution française , éloigna Condouriotis de Coletti. Les choix que fit la troisième assemblée nationale n'étaient pas de nature à rendi^e l'ascendant aux Rouméliotes. Cette assemblée nationale, réunie à Épidaure dans les conjonctures les plus difficiles (avril 4826), confia le gouvernement de la Grèce à deux commissions, une « commission executive , » présidée par A . Zaïrois , et une « commission de l'assemblée, t> ayant pour président l'archevêque de Patras, Ghermanos.

Dans les circonstances critiques où se trouvait la Grèce, le nouveau gouvernement semblait décidé à accepter le protectorat de l'Angleterre.

M. Mavrocordatos , effrayé des conséquences de la chute de Missolonghi , était de cet avis. Telle n'était point Topinion des chefs rouraéliotes, parmi lesquels Colelti et Karaïskakis protestèrent avec une énergie particulière. D. Hypsilantis , qui se tenait à Técart,. se joignit à leurs réclamations d'une manière tellement décidée , que le gouvernement lui enleva son titre de citoyen. Mais Hypsilanlis et Goletti n'étaient d'accord que dans leurs répugnances pour l'Angleterre. Goletti voulait appeler en Grèce un prince français et lui donner la couronne hellénique, combinaison qui eût révolté les Ajagl«is autant que la Russie. Tandis qu'il aidait à arrêter en Roumélie les progrès du vainqueur de Missolonghi , deux assemblées rivales s'établirent , l'une à Hermione et l'autre à Ëgine. Après des discussions aussi longues que si la patrie n'eût couru aucun danger , les députés se réunirent à Trézène sous la présidence du Péloponésien G. Sissinis (31 mars 1827). Le comte Jean Gapodistrias fut nommé Président de la Grèce , et , pour en finir avec les rivalités des chefs , le commandement des forces de terre et de mer confié à deux Anglais , MM. Gochrane et Ghurch.

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