‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 86 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

Voulgaris * et l'auteur de la Situatiœi des partis m Grèce* ^ les publicistes de TOccident, tels que MM. Bory de Saint- Vincent , Gobineau et Duvergier de Hauranne , Casimir Leconle , ont eu l'occasion d'apprécier la politique de Capodistrias. Le point de vue de tous ces écrivains est fort différent. Tandis que M. Papadopoulos- Vrélos se prononce sans hésitation en faveur du

Président, M. Arthur de Gobineau veut l'accabler: La correspondance de Capodistrias ' ne fournit pas de grandes lumières sur ses projets. Faut-il s'en étonner ? Non-seulement Gapodistrias devait goûter l'admirable maxime orientale : « la parole est d'argent , et le silence est d'or » ; mais en sa qualité de diplomate , il avait peut-être approuvé l'axiome qu'on attribue à un de ses collègues au congrès de Vienne , le prince de Talleyrand : « la parole est donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. » Quant aux actes du Président, ils n'étaient

* Notice sur le comte J. Gapodistrias, président de la Grèce^ etc., Paris 1832.

* Étude publiée à Athènes dans le Spectateur de 1854-1855, par un anonyme.

' Cette correspondance a été publiée à Genève par M. A. Bétant, 4 vol. in-8o, 1839,

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point de nature à inquiéter les défenseurs de l'indépendance hellénique. Sans doute il s'était, dans plus d'une circonslance, montré partisan de l'aristocratie et de «l'ordre», mais il avait aussi manifesté avec une certaine décision son zèle pour la cause des nationalités opprimées ^ Jean, comte Capodistrias, ex-secrétaire d'État du gouvernement ionien et de l'empire de toutes les Russies , bourgeois de Genève et de Vaud , était né à Corfou , en 1776, d'une famille qui venait de l'Istrie , province slavo-italienne , abandonnée à l'Autriche après la chute de Napoléon. Lorsque les îles Ioniennes furent enlevées à Venise par les Français , le comte Antoine-Marie , chef de sa famille , se prononça pour la Russie au milieu des agitations qui suivirent l'occupation française. Aussi son fils Jean devint-il secrétaire d'État du gouvernement qui dirigea quelque temps les affaires sous le protectorat de l'empereur Paul. C'est à cette époque qu'un prélat de l'Épire , Ignace , depuis métropolitain

' Quant au3c peintures souvent exagérées qu'il faisait de la Grèce , elles peuvent s'expliquer par ses tendances conservatrices bien mieux que par l'envie de voir une autorité étrangère dominer dans son pays.

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