PARTIE III. — LIVRE II
province que les Russes nomment Russie- Rouge ^ ; qui a soumis à ses lois une partie des Slaves de l'ouest et du sud* et qui a essayé plus d'une fois de s'emparer du cours du Bas- Danube.
Les services diplomatiques de Capodistrias furent récompensés par la dignité de secrétaire d'État. Ses rapports avec la Bessarabie et avec le royaume de Pologne lui concilièrent la sympathie des Roumains et des Polonais , qui reçurent des constitutions libérales , abolies plus tard par l'empereur Nicolas. Les Hellènes n'eurent pas moins à se louer des efforts qu'il fit en faveur de la société des Philomuses y dont le but était de ranimer dans les provinces helléniques une mstruction essentiellement nationale. Aussi jouissait-il dans l'Europe orientale d'une véritable popularité. En Occident , l'opinion était loin d'être aussi unanime. Lorsqu'il visita les contrées occidentales après le congrès d'Aix-la-
* Ce pays qui a suivi les destinées de la Pologne depuis 1340 et qui a près de cinq millions d'habitants est nommé par les Allemands Gallizien, dont les Français ont fait Gallicie.
* Environ 15,000,000 de Slaves, les uns appartenant comme les Tchèques (Bohémiens) au rameau de Touest , les autres comme les Croates au rameau du sud-est.
176 ÉGINE ET SALÂMINE.
Chapelle , les uns Faccusaient d'être dévoué au pouvoir absolu, les autres prétendaient qu'il avait des relations avec les carbonari. Les grands événements de 4821 l'obligèrent à se prononcer. Cette époque (1820-1821) est une des plus mémorables dans l'histoire de la race pélasgique. Hellènes et Latins se soulevèrent en même temps contre les gouvernements qui les opprimaient. L'Espagne, Naples, le Piémont se donnèrent des gouvernements constitutionnels, tandis que les Hétairistes entraient dans les provinces roumaines et que la Grèce arborait le drapeau de l'indépendance. Les grandes puissances, hostiles alors à tout progrès politique, étouffèrent ce mouvement généreux dans la péninsule italique comme dans la péninsule ibérique. Alexandre I«r, efifrayé de ces insurrections multipliées, abandonna définitivement la politique intelligente qui avait fait sa gloire et sa popularité , pour adopter celle qui a dominé en Russie jusqu'à la mort de son frère Nicolas. Le comte Capodistrias , plus prévoyant que l'empereur, vit bien que les gouvernements absolus ne pourraient échapper à la loi des transformations qui régit toutes les choses humaines. Il refusa donc de