‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 91 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

en avant une pareille combinaison. Aussi les partis ne représentant que des vues politiques ou religieuses différentes, leur existence n'impliquait aucune alliance réelle avec l'étranger. La facilité avec laquelle on a toujours passé de Tun à l'autre , prouve que les Grecs n'attachent pas la même importance que les Anglais ou les Belges à ces diverses manières d'envisager les intérêts de la nation. Il ne faut pas se laisser tromper par des analogies sans réalité. Assurément, dans la Révolution française, le parti c catholique et royal » ne se bornait pas à préférer l'autocratie qui dominait en Autriche ou en Prusse au gouvernement républicain; mais il conspirait ouvertement avec l'ennemi, il combattait sous ses drapeaux, il envahissait avec lui le sol de la France , il préférait ostensiblement le pape et le roi à la patrie elle-même* Assurément le parti clérical italien ne se borne pas à admirer la politique des empereurs apostoliques ; mais il s'entend et il s'entendra toujours avec eux contre l'indépendance et les libertés de l'Italie. Il ne manque pas de gens en Occident qui se figurent que tel est en Grèce le parti russe, et que ce parti regarde l'empereur de Russie

comme le roi-pontife de tout véritable orthodoxe. Mais rien n'est moins conforme aux faits que ces tableaux de fantaisie.

Faisons d'abord observer que c'est une abominable hérésie aux yeux de tous les orthodoxes de donner à l'Église un chef visible. Hellènes, Slaves , Roumains , Albanais , etc. , considèrent

Jésus-Christ comme le seul chef de l'Église. Es regarderaient comme un blasphème l'attribution de ce titre à un homme faillible et pécheur. Si l'empereur de Russie exerce une influence incontestable sur l'Église russe, cette influence n'est pas plus grande que celle que s'attribuaient les Bourbons catholiques, et après eux Napoléon , comme « évêques du dehors. » Aucune bulle du pape , aucun mandement épiscopal ne pouvait être publié sans l'approbation des rois «très-chrétiens *. » Ils se permettaient même de supprimer certains saints que Rome canonisait. Ainsi ils n'ont jamais accordé à leurs sujets le droit de fêter les papes hostiles aux droits de l'État , les saint Grégoire VII , les saint Pie V, etc.

^ Voy . Dupin aîné, Manuel du droit public ecclésiastique français, 4« édit. , Paris 1845. Comp. avec Pierre Pithou, Libertés de VEglise gallicane.

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