PARTIE III. — LIVRE II
tachait à centraliser le pouvoir , pour mettre , disait-il un terme à l'excès des prétentions individuelles , il s'efforçait d'éviter toute exagération de nature à sacrifier la liberté à la centralisation. Il respectait et fortifiait les municipalités, base solide de toutes les libertés; il laissait à la presse une certaine indépendance ; il manifestait l'intention de propager l'instruction, dont les Grecs sont fort avides et sans laquelle un gouvernement constitutionnel est absolument impossible. Le choix des fonctionnaires semblait prouver qu'il regardait l'existence des partis comme légitime dans un pays libre, pourvu qu'elle n'entrave pas l'action des lois. Aussi les hommes du parti occidental parurent-ils généralement, malgré les déclarations faites en faveur de la Russie, l'objet des préférences du Président.
L'apaisement momentané des esprits, joint aux circonstances favorables , produisit les plus heureux résultats. La Russie ayant déclaré la guerre à la Porte (avril 4828), les Turcs furent obligés de renoncer à envahir de nouveau la Grèce. D'un autre côté , une division française , commandée par le maréchal Maison , ayant été
186 ÉGINE ET SALAMIME.
envoyée en Grèce par le roi Charles X, Ibrahitnpacha, jugea prudent de quitter la Morée (septembre 1828), qu'il. avait couverte de ruines et inondée du sang le plus pur de ses fils. Cependant les hostilités continuèrent au delà de l'isthme de Corinthe, où Dimitri Hypsilantis battit complètement les Musulmans à Pétra, en Béotie. «La fortune, dit M. Paparrhigopoulos, voulut accorder cette dernière faveur au frère de celui qui, le premier, arbora l'étendard de l'indépendance hellénique , sans être assez heureux pour le promener triomphant à travers les camps ennemis. ^ Dimitri est mort en 1832, sans enfants comme ses frères Alexandre , George et Nicolas, fils du domnu de Valaquie Constantin VII Hypsilantis. Grégoire seul a eu un fils unique, dernier représentant de celte maison. Malheureusement le succès que le Président obtint à l'assemblée nationale convoquée à Argos au mois de juillet 1829, lui fit de funestes illusions sur la solidité de sa position. En général, dans les contrées méridionales, à Athènes comme à Lisbonne , à Madrid , à Paris — quoique possédant quelques provinces situées au nord, la France est méridionale par le climat, le ca-