‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 96 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

tion unanime, — car les Hellènes agissaient comme un seul homme quand il était question de redonner quelque autorité à une domination exécrée — les puissances consentirent le 22 janvier (3 février) 1830 , à ce que la Grèce fût gouvernée par un souverain complètement indépendant. Le choix qu'elles firent du futur roi des Belges était le meilleur que le pays pût désirer. En effet, le prince de Saxe-Cobourg-Saalfeld, qui s'était signalé en 1813, en 1814 et en 1815 dans les guerres contre Napoléon , avait de la guerre une expérience précieuse pour un nouvel État. Sa rare capacité politique, qui lui a donné un ascendant bien supérieur à l'importance du royaume qu'il gouverne , le préparait mieux que personne à déjouer les intrigues dont la Grèce n'a cessé d'être le théâtre depuis qu'elle est devenue le champ de bataille diplomatique des grandes puissances et même des plus petites ^ Quoiqu'il n'appartienne pas à l'Église orientale , il était tellement exempt de tout fanatisme qu'on pouvait s'attendre à le voir placer les intérêts du pays au-dessus de tout esprit de secte. Léopold

* On sait avec quelle raison les Hellènes se sont plaints de l'intervention de la Bavière dans leurs affaires.

accepta d'abord, à condition qu'une nouvelle délimitation des frontières garantirait suffisamment l'indépendance de la Grèce. Mais, soit que ce prince d'une prudence consommée se fût aperçu qu'on n'avait pour la Grèce qu'une bienveillance apparente , et qu'on ne voulait pas assurer efficacement son développement , soit que les renseignements , peu rassurants , il faut l'avouer, qu'il recevait du Président^ l'eussent découragé , il refusa de se mettre à la tête d'un pays dont on prétendait restreindre arbitrairement les frontières et dont le chef faisait dans sa correspondance un tableau véritablement lugubre. Le refus de Léopold, appelé par tous les vœux du parti occidental et qui méritait réellement ses sympathies , irrita au plus haut degré les principaux personnages de ce parti, qui l'attribuèrent aux lettres du Président , peu pressé de renoncer à sa haute position.

La révolution de juillet 1830, en changeant tout à coup les rapports des puissances , empêcha le règlement définitif des affaires helléniques. L'empereur Nicolas , indigné de la chute de Charles X, s'éloigna définitivement de la France qui l'avait causée et s'irrita contre l'An-

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