‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 97 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

gleterre qui Tavait approuvée. Dès lors , il devint en Europe le champion le plus décidé du pouvoir absolu et il engagea la Russie dans une lutte aussi fatale à sa prospérité intérieure * qu'à son influence en Europe. Les manifestes de l'empereur Nicolas contre les idées libérales n'étaient pas propres à populariser le parti russe en Grèce. Aussi vit-on le parti anglais reconquérir tout le terrain que lui avait fait perdre l'élection de Capodistrias.

L'Angleterre ayant donné à l'Europe l'exemple des institutions constitutionnelles , il était naturel que les partisans du régime parlementaire la considérassent comme un modèle. D'ailleurs leur chef, M. Alexandre Mavrocordatos , était préparé par ses antécédents et ses relations à devenir le patron des idées anglaises. Lorsqu'il revenait d'une mission qu'il avait exécutée dans la Grèce continentale, il rencontra à Missolonghi lord Byron , avec qui il se lia de la manière la plus intime et qui expira dans ses bras en 1823.

* Le jour où les ressources de cet immense empire seront mises en valeur , il pourra nourrir 400,000,000 d'habitants. Les « terres noires » de la Petite-Russie sont les plus fertiles de l'Europe.

Les entreliens qu'il eut avec cet homme célèbre, qui lui fit peut-être entrevoir le rôle brillant que les institutions de TAngleierre assureraient aux grandes familles, fortifièrent en lui le goût du régime constitutionnel, sans affaiblir le sentiment pratique. En effet, si Ton a reproché aux amis du système parlementaire un caractère trop enclin à préférer les spéculations à Faction , un pareil reproche ne saurait être adressé au défenseur de Missolonghi et de Sphactérie. Cependant M. Mavrocordalos n'a point échappé à l'accusation d'utopie , et aujourd'hui plus que jamais , on ne manquera pas de dire qu'il n'a pas la pénétration nécessaire à l'homme d'État. Si l'on en croit certains publicistes, les constitutions libérales ne conviennent qu'aux nations germaniques. Plusieurs vont jusqu'à restreindre cette aptitude aux Anglo-Saxons protestants , préparés par leurs tendances et leurs idées religieuses à la pratique du $df-govemment. Or, ajoutent-ils, la race pélasgique, est tellement infatuée d'une fausse gloire qu'elle sacrifiera constamment les principes aux objets de son enthousiasme. L'adoration des héros est inconciliable avec le culte des idées , culte qui est Tes-

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