‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 99 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE II

Tordre religieux , une part assez large au libre examen, elle a pourtant donné au monde les premiers exemples du régime parlementaire, en faisant résoudre les questions dogmatiques par ces fameux synodes , véritables parlements du monde chrétien, où la société civile, représentée par les empereurs , était loin d'être réduite à un rôle insignifiant. Aussi les nations de la péninsule orientale qui ne sont pas asservies au joug des Ottomans , la Serbie , la Roumanie , la Grèce, ont-elles , comme les îles Ioniennes , des assemblées délibérantes dont quelques-unes remontent à une haute antiquité. Les Roumains, qui n'ont jamais laissé la suzeraineté des Turcs dégénérer en domination absolue , ont toujours eu des assemblées de ce genre. Nous les voyons établies chez les Serbes des différentes provinces avant la conquête turque. Cette conquête avait respecté les libres municipalités helléniques, — base essentielle de tout régime constitutionnel — tant elle avait reconnu la difficulté de soumettre les fils de la Grèce à une autocratie sans contrepoids. Les Slaves de l'Est n'étaient pas, avant l'invasion mongole^ moins portés vers ces institutions que les Slaves du Sud. 11 suffit de

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citer la célèbre république de Novgorod-la- Grande, qui n'accordait aux descendants de Rurik que des droits fort restreints. L'influence des Mongols, en donnant une force singulière aux habitudes asiatiques , n'avait point , jusqu'au début de la période impériale, anéanti toute pondération des pouvoirs; puisque, jusqu'au règne de Pierre I«r , c'est-à-dire jusqu'à la fin du dix-septième siècle, les oukases commençaient par ces expressions significatives : aCzar oukarall , i boiaré prigovorili (le tsar a ordonné et les boïars ont décidé).

Quand on réfléchit sur ces faits trop peu connus de l'histoire de l'Orient orthodoxe, il ne semble pas nécessaire de justifier le parti anglais d'avoir cru que le gouvernement constitutionnel pourrait s'établir dans un pays où est née la liberté européenne. Une question plus sérieuse resterait à discuter. Etait-il opportun , dans un moment où la concentration du pouvoir semblait, à cause «de l'état d'épuisement, de discrédit et d'anarchie où était tombée la patrie*,) si nécessaire à tant de. bons esprits qui voulaient

* Ainsi s'exprime l'auteur grec de la Situation des partis en Grèce , g l«>f.

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