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Celui de Bayonne

2. 15 collèges ont cessé d'appartenir à la France, 6 ont été supprimés comme établissements universitaires^ 1 est devenu succursale d'un lycée, 1 a été annexé à l'école normale de Cluny, 11 ontétédepuis plus ou moins longtemps transformés en lycées.

3. Le rapport officiel dit 252, mais c'est évidemment une erreur, puisque Cliarieville, Constantine, Guéret et Valenciennes ne «auraient à la fois figurer comme collèges et comme lycées.

motif pour le fortifier, mais non pour supprimer CCS maisons, à la place desquelles s'installe aussitôt un établissement dont l'instruction ne saurait être qualifiée de mauvaise, car elle échappe à tout contrôle. Les familles qui ne veulent pas en user sont obligées d'envoyer au loin leurs enfants aux lycées : ainsi s'étendent deux maux^ l'internat et le vide de la vie intellectuelle en province.

Si le nombre des collèges communaux diminue, celui des lycées s*accroît beaucoup trop lentement. On aura peine à croire, mais c'est un fait aisé à vérifier, qu'à Paris, depuis 1820, malgré rénorme augmentation de la population, qui a plus que doublé, le nombre des lycées est resté stationnaire : il y en a cinq. Grâce à la libéralité d'un particulier envers l'État, un sixième va s'élever sur le plateau de Passy. Mais, même en y joignant le collège RoUin, qui appartient à la ville, et le collège Stanislas, qui est la propriété d'une communauté religieuse, ce nombre est insuffisant: la ville de Berlin, dont la population est d'environ un million d'habitants, possède dix gymnases. Certains quartiers de Paris sont absolument dépourvus de lycée. L'internat, dont les frais généraux diminuent à proportion de l'augmentation des élèves, est sans ' doute l'une des raisons de ce statu quo. Mais, en

admettant ce motif, pourquoi au moins ne pas multiplier les externats? Le reproche que nous faisons ici ne concerne pas seulement Paris. On ne voit pas pourquoi de grandes villes, comme Lyon, Bordeauî^, Marseille, n'ont qu'un seul lycée*. La présence de deux établissements permettrait de diminuer le nombre des élèves dans la môme classe ou d'échapper à la division des classes en plusieurs sections, laquelle encombre le personnel d'un effectif trop nombreux. Les proviseurs, moins chargés, exerceraient leurs fonctions avec moins de peine. Des différences, résultant des programmes ou de la direction, pourraient s'introduire et profiteraient à. l'ensemble de l'enseignement.

Le moment serait bien choisi : on n'a pas assez compris jusqu'à présent quel stimulant le volontariat d'un an peut devenir pour l'extension des établissements scolaires. Le rapport du ministre le constate déjà : « En raison, dit-il, des avantages assurés par la nouvelle loi sur le service mili-

1. En ces dernières années, à l'usage des plus jeunes élèves, on a fondé des collèges à internat situés à la campagne : ainsi, |3our Paris, le lycée de Vanvcs; Lyon a le collège de Sainl-Rambert; Marseille, celui de la Belle de Mai; Bordeaux, celui de Talence.Ce sont des succursales du grand lycée, n'ayant que les classes élémentaires et n'admettant guère^ en raison de leur situation, que des internes. Il est clair que cette création n'a rien d(> commun avec ce que nous réclamons.

taire aux jeunes gens pourvus du diplôme de bachelier ou de celui de renseignement spécial, les administrations municipales ont rivalisé d'ardeur pour développer et fortifier renseignement dans leurs collèges, de manière à conduire les élèves jusqu'à ces examens, 11 en est résulté une augmentation du nombre des collèges de plein exercice ^ »

Une autre observation que suggère la statistique officielle concerne la préparation et le recrutement du personnel enseignant. On est frappé de la faible part pour laquelle l'École normale a de tout temps contribué au recrutement de l'Université. Nous ne songeons pas h lui en faire un reproche : nous voulons seulement attirer la sollicitude de TÉtat sur le nombreux contingent do professeurs qui ne passe point par cetie voie, el qui, la plupart du temps, ne reçoit pour une

1. Statistique de V enseignement secondaire, p. lxxiv. (Je vois que le volontariat d'un an est aujourd'hui fort peu en erédit : c'est à qui en demandera la suppression. S'il est prouvé qu'il est contraire aux intérôls de l'armée, je prendrai mon parti de le voir . disparaître. Mais je le regretterai pour la cause de l'instruction, et je persiste à croire qu'on aurait pu en faire un meilleur usage. Le volontariat; tel qu'il est organisé^ a considérablement augmenté le nombre des bacheliers : c'est tout ce qu'on â sa lui faire produire. Avec une autre législation, il pourrait faire mieuv et ôlre un puissant auxiliaire du ministre de l'instruction publique.)

carrière si diflicile aucune préparation particulière. Sur 348 élèves sortis depuis dix ans de rÉcole normale, 4 seulement sont placés dans les collèges communaux de province. Dans ces mêmes collèges, sur 1707 maîtres délivrant Tinstruction classique (c'est-à-dire enseignant le grec et le latin), 746 n'ont d'autre grade que celui de bachelier es lettres; la moitié des principaux de collèges est dans le même cas. Quoique nous soyons prêt à reconnaître qu'on peut être bon principal et bon professeur sans posséder de nombreux diplômes, nous craignons cependant ({ue chez beaucoup la première période de la carrière n'ait été sacrifiée. Où se recrutent les professeurs des collèges communaux? En général parmi les maîtres répétiteurs*. Il importe d'offrir à ces maîtres répétiteurs quelques-unes des occasions d'apprendre qui jusqu'à présent n'ont guère existé que pour une minorité du personnel. Les lycées eux-mêmes contiennent un grand nombre de professeurs qui n'ont pas été plus heureux. Sur 2349 membres du personnel enseignant des lycées, 1482 seulement ont un

1. En 1876, 220 maîtres ou aspirants répétiteurs ont été appelés à de nouveaux emplois, sur lesquels 105 ont été envoyés dans les collèges communaux, 31 ont été délégués dans les classes de septième et de huitième, 19 ont été chargés de cours dans les lycées.

titre supérieur à celui de bachelier*. Dans le corps universitaire, les élèves sortis de TÉcole normale n'ont donc jamais formé qu'une élite*, M. Bersot, le spirituel et respecté directeur de l'École, Ta appelée un ferment. Nous le voulons bien; mais il ne sera pas inutile de s'occuper un peu de la matière à fermenter. Entre ceux à qui on prodigue l'instruction, les moyens de travail, les stimulants de toute sorte, et ceux qui se forment au hasard ou à force d'énergie, la différence est trop grande. Nous retrouvons ici l'idée qui au régiment mêle aux officiers venus des écoles les officiers sortis de la troupe. Assurément les uns et les autres ont leurs mérites, mais puisque le gouvernement crée aujourd'hui des écoles de sous-officiers, personne ne s'étonnera que l'Université multiplie les moyens d'instruction pour les hommes de bonne volonté qui servent dans ses rangs.

Les facultés des lettres et des sciences existent pour donner cette instruction; mais pendant longtemps leurs rapports avec les membres de l'enseignement secondaire sont restés limités aux jours d'examen, c'est-à-dire que les facultés constataient le savoir, mais ne le donnaient

] . Nous ne parlons pas ici de l'armée des maîtres et aspirants répétiteurs, au nombre de 1597^ sur lesquels 1460 sont simplement bacheliers ou dépourvus de tout grade.

LES STi^TISTlQUES. 295

pas. La situation commence à changer depuis que les Chambres ont mis à la dispositron du ministre une somme importante pour des bourses auprès des facultés. Ces bourses sont attribuées, après concours, à des jeunes gens ayant pris l'engagement de se vouer à l'instruction publique ; non seulement le personnel universitaire sera plus instruit, mais ces boursiers, justement exigeants, feront bientôt changer le caractère des leçons. La mesure est excellente ; il faudrait seulement aux bourses de licence joindre des bourses d'agrégation, que le législateur, par un oubli évident, n'a pas nommées dans la loi*. A mesure que ces jeunes gens, après avoir passé deux ou trois ans auprès d'une faculté, se répandront dans le corps enseignant, ils y feront hausser le niveau du savoir. Comme dans une société où, par le progrès général, tout le monde s'élève, il faudra plus de mérite pour occuper le même rang, de sorte que tout le monde gagnera en valeur absolue, y compris l'école normale. Alors aussi une amélioration des programmes de renseignement secondaire deviendra possible : aussi longtemps que la moitié du corps enseignant n'a reçu d'autre instruction que celle qu'on veut réformer, on tourne dans un cercle vicieux; un

]. Elles ont été créées sous le ministère de M. Jules Ferry.

changement des exercices scolaires peut bien se commander d'en haut, mais on devine à quels obstacles les prescriptions viendront se heurter.

Les documents officiels nous disent en qtiel ^ nombre sont les élèves; sur leur valeur et sur leur savoir, ils gardent le silence. Mais les confidences des maîtres, et particulièrement de ceux que leurs fonctions préposent aux épreuves du baccalauréat, peuvent suppléer aux lacunes du rapport ministériel. Il n'est pas douteux qu'un déclin dont les commencements remontent déjà à vingt-cinq ans se fasse sentir dans les étudeis. Nous ne voulons pas nous arrêter longtemps sur un fait qui dépasse notre sujet et qui démande* rait un examen à part; mais outre les causes générales dont nous n'avons pas à parler ici, il y a des causes particulières qui tiennent à l'organisation actuelle de l'enseignement. Autrefois les liens qui maintenaient les études étaient plus forts; on a détruit, au nom de la liberté, tout ce qui ressemblait à une garantie ou à une surveillance.

La seule garantie qui tienne encore ensemble le système de notre enseignement secondaire, c'est le baccalauréat : pauvre garantie, dont nos professeurs de faculté connaissent seuls toute la faiblesse ! Emporter le diplôme, tel est

10 point de mire des parents, Tidée fixe des écoliers, la promesse faite par les préparateurs aux familles; ce qu'ont été les études, s'il y a eu des études, la loi défend aux juges de s'en enquérir.

11 est des pays où Ton croit que les examinateurs ne sauraient s'entourer de trop de lumières; chez nous le candidat n'est obligé de fournir que son acte de naissance. Dans toute la France, parmi toutes les facultés des lettres, il peut choisir celle où il juge à propos de tenter la chance de l'épreuve. Cette latitude, que la défiance a fait introduire dans la loi de 1850, nous paraît de trop. Les citoyens ont-ils le droit de choisir le tribunal auquel ils s'adressent? ou, pour écarter cette idée de la justice, qui a quelque chose de fâcheux, choisissons-nous, pour les affaires d'administration, le préfet qui est le plus à notre convenance? Ces allées et venues à la recherche du jury le plus indulgent sont un mauvais début dans la vie. Nous voudrions en outre que le candidat se présentât, non pas perdu dans une foule de toute origine, mais avec ses camarades et comme parlie de l'établissement où il a fait ses études. Les examens ont une double utilité : ils servent à éliminer les candidats indignes; mais ils doivent aussi servir à améliorer l'enseignement là où il s'est montré défectueux.

iî98 EXCCRSIONS EN FRANCE.

Une troisième mesure qui conlribuerail à raffermir noire organisation scolaire, ce serait de laisser à la faculté le droit d'ajourner à un an les candidats refusés. On n'aurait plus le spectacle <le ces élèves, de rhétorique qui, refusés une première fois, n'en entrent pas moins en ptiilo- Sophie, espérant passer au bout de trois mois, au bout de six mois, et perdent la seconde année à vouloir rattraper la première. Les modifications <]ue nous demandons tourneraient à l'avantage des études, en quelque maison que l'élève les fît, ■et nous sommes convaincu que ceux des établissements libres qui mettent le progrès de l'instruction au premier rang de leurs préoc- •cupations, n'hésiteraient pas à y souscrire. Il serait à désirer, en oulre, que les grandes écoles du gouvernement, qui, sans le vouloir, pèsent sur les classes par la condition de la limite d'âge, •consentissent à la reculer. Elles permettraient ainsi aux proviseurs de s'opposer aux familles qui, pour faire gagner des clauses à l'enfant, poussent à l'escalade du baccalauréats

1. La limite d^àge de l'École polytechnique; qui avait été, après 1870, portée à vingt et un ans, vient d'être remise à vingt, j'&i Klemandé les raisons de ce retour en arrière. C'est pour permettre aux ingénieurs d'atteindre par droit d'ancienneté le grade ^l'inspecteur général, et aux ofGciers celui de colonel. Tel est, paraft-il, le motif pour lequel l'École polytechnique compromet Jes études premières de ses élèves.

L'autre route qui s'ouvre à la jeunesse dans «os lycées et collèges, c'est l'enseignement se- <:ondaire spécial. Un peu négligé depuis que son 4iuteur a quitté le ministère, il n'en a pas moins notablement prospéré depuis dix ans, et si Ton fait le compte du nombre total d'élèves présents dans les établissements de l'Élat, on voit qu'un tiers environ y appartient. Toute l'augmentation <le la population des collèges communaux porle sur des élèves de cet ordre. Ces faits montrent combien une route intermédiaire entre l'instruction primaire et l'instruction classique était né-^ cessaire. Cependant sur la forme et sur la durée -de cet enseignement les esprits ne sont pas d'accord, les uns voulant le relever par l'adjonction -du latin, les autres le trouvant encore trop savant et trop compliqué. La création de l'enseignement primaire supérieur va modifier les termes de la question. Une fois que celui-ci donnera en français, en histoire, en géographie, -en sciences physiques et mathématiques, en dessin, les notions les plus usuelles, renseignement secondaire spécial, sous peine de déchoir, devra hausser ses programmes. Il s'adresse aux classes commerciales et industrielles, tandis que l'autre est plutôt fait pour les populations ouvrières et agricoles. Dès à présent, il serait sans doute nécessaire de lui donner plus de consistance, non

en y joignant le latin, mais en renforçant Télude du'français, en approfondissant les sciences naturelles.

Une chose qu'on ignore généralement, c'est que les établissements de TUniversité emploient en assez grand nombre des fonctionnaires empruntés à l'enseignement primaire : 894 instituteurs brevetés font la classe dans nos collèges communaux et 254 dans nos lycées. Ils sont placés habituellement dans la classe primaire^ qui ne laisse pas que de contribuer pour une bonne part à la prospérité des collèges communaux. Il faut tenir compte de ce fait en procédant aux améliorations de renseignement primaire, et c'est pour cela que nous donnions plus haut aux écoles primaires supérieures le conseil d'éviter autant que possible le voisinage des collèges.

Nous ne quitterons pas celle partie de notre sujet sans faire une remarque qui est tout à l'honneur de Tadministration universitaire. De grandes dépenses, qui, pour le personnel seulement, peuvent s'estimer à une augmentation annuelle de 40 000 francs par lycée, ont été faites depuis dix ans, et cependant les sacrifices d'argent demandés aux familles n'ont été élevés que d'une manière insignifiante. C'est donc l'État

qui a pris à sa charge la plus grande partie des améliorations réalisées. Conformément à une- tradition qui remonte à Tancien régime, Texternat est d'un prix des plus modiques : la rétribution scolaire s'élève en moyenne à 110 francs par an pour les lycées et 72 francs pour les collèges. Un autre côté par où se distingue renseignement secondaire de l'État, c'est le grand nombre des bourses: un interne sur dix, un externe sur cinq sont boursiers. Sans faire aucun bruit de ces libéralités, l'Université paye ainsi la dette qui lui a été léguée par les anciens collèges et couvents dont elle est l'héritière.

Enseignement supérieur.

Pour l'instruction supérieure aussi nous possédons, à présent, une statistique allant de 1867 à 1876. On y peut voir d'un côté les progrès d'un parti qui, à ce degré suprême de l'enseignement, prépare et commence des conquêtes semblables à belles qu'il a faites précédemment aux deux étages inférieurs; et d'un autre côté, l'on assiste aux efforts faits depuis dix ans par l'État pour relever ses écoles, pour combler les vides et pour réparer les arriérés qu'une longue négligence avait accumulés.

La loi du là juillet 1875 sur la liberté de Tinsiruction supérieure est trop réceute pour avoir pu produire des effets comparables à ceux qu'a donnés la loi de 1850. Cependant une remarquable activité a été déployée dans la formation des universités catholiques. Dès le mois d'octobre 1875, des facultés de droit étaient fondées à Angers, à Lyon, à Lille et à Paris. Ces deux dernières villes y joignaient immédiatement une faculté des lettres. L'année suivante, Paris et Lille se donnent une faculté des sciences, Angerg^ une faculté des lettres ; Lille prend en outre une faculté de médecine. Enûn, en 1877, les cadres sont complétés partout : quatre universités catholiques, ayant le droit de délivrer des grades en déléguant des professeurs dans les jurys mixtes, sont établies. Une cinquième, celle de Toulouse, est en voie de formation.

Le nombre des élèves n'a pas suivi un accrois • sèment moins rapide. Il y a un moyen assez sûr de compter le nombre des étudiants : c'est de prendre le nombre des inscriptions, et, comme chaque étudiant prend généralement quatre inscriptions par an, de le diviser par quatre. En procédant ainsi, nous arrivons aux résultats suivants : le nombre des étudians dans les facultés catholiques était en 1875 de 294 ; l'année d'après il est monté à 466; en 1877 il était de 742. Il est

instructif de mettre en regard le chiffre des inscriptions prises dans les facultés de l'État : les deux dernières années pour lesquelles nous ayons des informations sont 1875 et 1876; d'une année à l'autre, les inscriptions accusent un déficit de 460 élèves '.

Si Ton songe qu'il s'agit de premières années oii tout était encore à créer, on peut voir combien est éloignée de la vérité l'opinion de ceux qui pensaient que la concurrence des facultés libres serait peu sérieuse. Mais les effets les plus fâcheux de la concurrence ne sont pas là : c'est l'importance exagérée que prend la préparation aux examens, c'est l'esprit de compétition et de défiance répandu à la longue dans la jeunesse, ce sont les germes de division jetés dans la société. La Belgique, ce pays qu'on citait dans la discussion à l'Assemblée nationale comme modèle à imiter, est un miroir où nous pouvons lire notre avenir. L'université catholique de Louvain fait une concurrence redoutable aux trois

1. Pour les seules inscriptions de droit^ on observe depuis quatre ans la diminution suivante :

(Statistiq^ue, page lt.)

autres universités belges; renseignement, sauf quelques honorables exceptions, est de côlé et d'autre, assez languissant; mais les divisions politiques et religieuses sont partout : à la Chambre, dans les dilTérentes professions, dans les familles.

Comme la loi de 1875 n'a donné naissance à aucun autre établissement d'instruction supérieure que les universités catholiques, nous pouvons passer tout de suite aux facultés de TÉtat. De grands efforts ont été faits depuis dix ans. Malgré la perte de Strasbourg, les facultés se sont enrichies de 150 enseignements nouveaux. Dans le nombre, nous remarquons des créations pour lesquelles il n'y avait pas de place autrefois dans l'instruction universitaire : ainsi le sanscrit est enseigné à la faculté des lettres de Paris ; le vieux français, l'ancien provençal et les langues sémitiques à celle de Montpellier. Ces faits , importants par eux-mêmes, le sont surtout en ce que les facultés, adoptant des enseignements qui ne sont pas sur le programme du baccalauréat et de la licence, rompent avec le préjugé qui les faisait considérer surtout comme des commissions d'examen. L'augmentation des moyens de travail est en proportion. 400 000 volumes ont été ajoutés en dix ans aux bibliothèques des facultés; la bibliothèque de la Sor-

bonne est montée de 40000 volumes à 120000; celle de l'École des langues orientales , allant plus vite encore, de 800 à 11 000. Pour passer à un autre ordre d'idées, 4 millions ont été dé- * pensés pour la construction de la faculté de médecine de Lyon; décrétée en décembre 187(i, elle ouvrait ses cours au mois d'avril 1877. Dans la somme que nous venons d'indiquer ne sont compris ni les livres, ni les instruments, ni les laboratoires. A Paris, l'emplacement de la faculté de

médecine a été triplé. Pour prendre encore un exemple dans une autre branche, par un décret signé de M. Thiers , une école française d'archéologie a été fondée à Rome. Le budget total de l'instruction supérieure est monté de 4 millions à 9 millions*. Nous ne citons pas ces résultats pour en faire honneur spécialement à tel ou tel ministre, mais pour honorer une nation qui, au moment le plus critique et obérée comme elle l'était, a eu le courage et la sagesse de faire ces productives dépenses. Il faut ajouter que l'État a trouvé partout dans les conseils municipaux, et particulièrement à Paris, une aide intelligente et active.

Ce sont là quelques actes pris parmi beaucoup - d'autres. Citons encore, pour donner une idée

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