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et le créateur du premier séminaire philologique. Avant de professer à l'université, il avait été le directeur d'un collège qui a joué un rôle important dans rhistoire des études en Allemagne, l'École Saint-Thomas de Leipzig (r/iomas-scAwfe), sorte d'internat où les élèves étaient instruits à la fois dans le chant et dans les lettres, et dont, pour le dire en passant, Sébastien Bach était alors Torganiste. Les ouvrages de Gesner se partagent entre l'érudition et la pédagogie : il a édité Pline, Quintilien, les Scriptores rei msticœ et il a donné un grand Thésaurus de la langue latine.
Ses écrits relatifs à renseignement n'ont guère pénétré en France ; à l'époque où ils parurent les esprits étaient peu disposés à consulter cette sagesse de collège qui s'exprimait en latin. Cependant sur l'art d'apprendre les langues, sur la manière de lire et de comprendre les auteurs, sur la façon de diriger ses études, on ne pourrait choisir un guide plus sûr et plus paternel. Je voudrais que nos étudiants en lettres lussent tous son Isagoge : ils en seraient largement payés par les avis qu'ils y trouveraient, et qui sont pareils à ceux que du fond de sa bibliothèque leur donnerait un Burnouf ou un Naudet.
L'Allemagne érudite du commencement de ce; siècle a grandi à cette école. Il ne faut pas croire J
que la science de Gesner soit une science de mots. Un de ses axiomes est : Verborum disciplina a rerurn cognitione nunquam separanda.
Le successeur de Gesner dans la direction de l'École Saint-Thomas fut Jean-Auguste Ernesti (1707-1 781). Il occupait en môme temps une chaire à l'université de Leipzig. Ses éditions savantes d'Homère, de Gicéron, sont connues : mais ce qui pour TAllemagne n'eut pas moins d'importance, c'est son enseignement, c'est son grand ouvrage Initia doctrinœ solidioris. Telle était sa réputation que le gouvernement saxon lui demanda pour ses collèges des règlements qui restèrent longtemps en vigueur, et qui ne furent abrogés qu'en 1835.
Ernesti nous apparaît comme une sorte de Rollin allemand : mais c'est un Rollin plus savant et exerçant son action bien au delà des murs du collège. Au nombre des élèves qui suivirent ses leçons à l'université de Leipzig, se trouvait le jeune Goethe. «Toute espérance d'aller à Gœttingue m'étant ôtée, écrit Goethe dans ses mémoires, je tournai mon regard vers Leipzig. Ernesti m'y apparut comme une brillante lumière *. »
On aimeraitdesavoir jusqu'àquelpointle futur auteur d'IjMgénie en Tauride, qui fut à Leipzig