Wahrheit iind Dichlung. H
unétudiant assez irrégiilierygoûla ces leçons sur l'antiquité. Nous le trouvons vingt ans plus lard im relation de correspondance et d'amitié avec un autre grand philologue, Frédéric-Auguste Woir. Cette affinité de renseignement supérieur et de la littérature, alors renaissante en Ailen^agne, est un fait caractéristique. Supposons un instant que nos vieilles universités françaises d'avant 1789, au lieu de prolonger leur existeHce jusqu'à la Révolution, eussent été supprimées en 1680 : rien ne serait changé à l'histoire de notre littérature, qui depuis Louis XiV recevait uniquement les leçons de sa propre tradition, qu'elle épuisait peu à peu, sans avoir l'occasiofi de se renouveler. De là, sur certains points, une ignorance et une timidité qui contrastent souvent avec la hardiesse native de la pensée et l'impétuosité du génie. André Chénier, qui reçut ou plutôt qui se donna une éducation à part, nous montre par son exemple ce que la littérature française aurait pu gagner à un contact plus intime avec l'antiquité*.
1. Je suis heureux de citer ici l'opinion de Sainte-DQuve, qui comparant les études de nos jeunes Français à celtes des bons écoliers de Chrisf s Hospilal ou d'Eton, se plaint « de notre éducation gallicane, trop molle à la fois et trop contente dTelU* même . . . Cela tient à une certaine faiblesse première des études^ qui n*a point frayé de bonne heure aux jeunes esprits un accès sufQsant vers les grands monoments- toujours difficiles à abor-
Le successeur de Gesner à Gœttingué fut ChrisiiaB Heyne (1729^1812), Véditeur de Virgile, d'Homère, de Pindare. Il professa pendant quarante ans, et il présida durant le même temps leséminaire philologique» qui prit une importance croissante ^ Plus de trois cents jeunes maîtres, formés par ses leçons, allèrent enseigner dans les gymnases du Hanovre et du reste de TAllemagne. Je ferai à ce sujet une observation générale. En France, dans Tordre des études savantes, on est rarement Télève d'un homme : on est l'élève de l'école normale, de Técole des chartes, de Técole polytechnique. Ces maîtres abstraits et collectifs sont inconnus chez nos voisins, qui ont peine à les comprendre. En Allemagne ou est élève de.Bœckh, de Hermann^ de Ritschl, de Haupt. Je crois que cette subordination, toute volontaire et toute de choix, à Tascendant d'un homme, entraîne une action plua profoiide sur l'intelligence, f/w matoe, si le choix a été heureux
der. . . Si Ton se flatte d'arriver au royaume du Beau par une pente trop douce et sans sortir de chez soi, comnie par Ractae ou tel antre auteur de trop facile connaissance, on court risque de s'y croire toujours sans y pénétrer jamais. . . Il est remarquable combien chez nous, en France, ces prédilections (des jemes gens pour des écrivains) se confinent générakment à des anteurs trop voisins et se combinent le moins possible avec Tadoration des hautes sources. »
1. II dirigea aussi, comme Gesner Tavait fait avant lui, la bibliothèque, qui monta sous sa direction à 250,000 volumes.
et si son action est assez prolongée, forme des disciples qui commencent la vie scientifique sous sa direction et presque sous sa responsabilité. Ceux qui ont dans Tesprit des ressources d'originalité et d'initiative, ne sont pas pour cela exposés à les perdre : ceux qui sont faits pour marcher dans une voie tracée d'avance, reçoivent l'impulsion première à laquelle ils obéiront pendant le reste de leur vie. Au contraire, beaucoup de maîtres y autant de guides différents d'avis et de tendances : ces influences diverses, en se combattant, produisent chez les uns lescepticisme, chez les autres une passivité défiante d'elle-même. L'Allemagne n'a rien qui ressemble à notre école normale, où des hommes distingués en divers genres viennent lour à tour, chacun pendant un petit nombre d'heures, essayer leur action sur des élèves qui, durant deux ans, n'ont ni le choix des maîtres, ni celui des études. Au lieu et place de cette organisation compliquée, chaque professeur d'université est libre de créer auprès de sa chaire un séminaire soit d'histoire, soit de philosophie, soit d'enseignement classique. La plupart du temps, c'est sur la demande des élèves qu'ils s'ouvrent d'abord , à peu près comme s'ouvrent à Paris les ateliers de nos peintres et de nos sculpteurs. Une subvention modique donnée par l'État en assure ensuite la per-
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pétuité. L'humeur voyageuse des étudiants, qui vont chercher d'un bout du pays à l'autre le professeur de leur choix, favorise ces éclosions spontanées. Une fois fondés, ces séminaires se continuent, en portant successivement le nom des hommes qui les dirigent : celui de Heyne passa plus tard aux mains deWelcker, de Dissen, d'Otfried Mûller*.
Le quatrième et dernier savant dont nous voulons ici rappeler l'action sur renseignement allemand est Frédéric-Auguste Wolf (1759-1824). Il dépassa, sans aucun doute, par la portée de son génie, Gesner, Ernesti et Heyne, quoiqu'il leur soit inférieur pour la pondération des facultés et pour les qualités du caractère. Tout le monde connaît ses travaux sur Homère, qui ont été le point de départ, dans les champs de l'exégèse profane et sacrée, d'une série de recherches dont nous ne pouvons encore entrevoir le terme.
Wolf, dans sa chaire à Halle, eut pour élèves, de 1783 à 1806, tout ce qui, dans la jeunesse, étudiait l'antiquité. Fichte, Schelling, Hegel, Herder, Wieland, Schiller, les deux Humboldt, furent au nombre de ses admirateurs. Gœthe vint assister,
1. Avec le temps, cependant, quelques-uns de ces séminaires onl pris une organisation un peu plus complète : ainsi le séminaire philologique de Leipzig compte aujourd'hui quatre professeurs.
^aché derrière ua rideau, à une de ses leçaiifi. un ne saurail éoumérer tous ses disciples. L'idée que Tétude de ^antiquité grecque et iatiae forme une discipline à part, comprenant un nombre déterminé de divisions et de sous-divisions, dont chacune, pour être bien comprisCy exige la vue de Tensemble, vient de Wolf *. On en peut contester rexaclitude, mais il n'est pas douteux que cette <!onslruction, par sa hardiesse et par sa largeur, était faite pour frapper l'imagination des jeunes gens et pour provoquer un grand mouvement d'études.
Un point qu'on aura peut-être remarqué, c'e»t la jeunesse de ces professeurs, au moment où ite montent dans leur chaire. Wolf avait vingt>quatre ^ns, quand il prit à Halle l'enseignement deja littérature ancienne. En France, nos règlements ne permettent pas d'être chargé de cours avant vingt-cinq ans, ni titulaire avant trente. Encore pendant longtemps ne s'est-on pas contenté de cette limite d'âge, et Ton trouvait convenable que le maitre eût passé ses meilleures années.,, les années fécondes et qui décident de l'avenir, dans des occupations, je ne dis pas inférieures, mais d'une autre nature et d'un autre ordre. Gepen- -àwBit il faut être jeune pour exercer de l'attirait