‹ Excursions sur les bords du Rhin (volume 2)Chapitre 27 sur 31 · II · texte numérisé non relu

II

Maïs au bruit qu'il fit, la jeune îîUe leva les yeux, et prenant près d'elle un coquillage qui semblait pétri d'argent et d'azur, elle le remplit d'eau et le présenta au chevalier, qui, en la regardant, avait tout oublié, chaleur, fatigue et soif. Le chevalier en buvant leva la tête , mais lorsqu'il baissa les yeux et les reporta vers l'endroit où était la jeune fille, il ne vit plus rien. A la place même où elle était, l'herbe ne paraissait pas foulée, et les fleurs les plus frêles étaient debout sur leurs liges pleines de fraîcheur et tout humides de rosée; il lui sembla seulement voir l'eau agitée se calmer peu à peu, comme si la belle inconnue s'était laissée glisser dans la fontaine; mais lorsque l'eau fut calmée, il ne resta plus aucune trace de sa présence, et n'était le beau coquillage d'azur et d'argent qu'il tenait à la main, le chevalier aurait cru qu'il avait fait un songe.

Peut-être serait-il resté là toute la nuit, espérant qu'elle reviendrait, s'il n'eut entendu le cor de ses piqueurs, et si son cheval en hennissant ne les eût guidés vers l'endroit où il était; mais craignant qu'une si grande suite n'effrayât la jeune fille et ne l'empêchât de revenir, non-seulement ce soir là, mais les autres jours, il sortit vivement de la forêt, ordonna que personne n'allât boire à la fontaine, et reprit avec toute sa suite le chemin de son château.

Le lendemain, le comte ne voulut boire que dans sa belle coupe de nacre ; mais quoique son vin fût des meilleurs crus du Rhin et de la Moselle, il était loin de lui paraître aussi bon que celte eau pure de la source que lui avait présentée la belle inconnue.

Aussi le soir , à la même heure, Pierre de Siauffcubcrg

sortit seul de son château et s'achemina vers la fontaine : à la même place il vit la jeune fille couchée, qui, en Tapercevant, le salua d'un doux sourire. Sa joie fut grande, car la veille elle était disparue sans lui donner aucune espérance de retour. L'inconnue lui fit signe de s'asseoir près d'elle, comme si elle Teût attendu; alors le comte lui demanda quel était son nom et sa demeure.

— Je m'appelle Ondine, répondit la jeune fille, et je demeure près d'ici; soiivent je vous ai vu venir vous désaltérer à cette fontaine, et voilà comment je vous connais.

Ils causaient ainsi depuis une demi-heure, lorsqu'un chevreuil, qui sans doute venait pour se désaltérer à sa source favorite, fit quelque bruit; le chevalier, craignant que ce ne fût quelque indiscret, se tourna du côté où était venu le bruit; mais lorsque rassuré sur sa cause il voulut reprendre sa conversation avec Ondine, Ondine avait disparu, et comme la veille l'eau bouillonnante lui indiqua que c'était de ce côté qu'elle avait fui.

Comme la veille, le chevalier resta encore longtemps à attendre, mais rien ne reparut, et, comme la veille, au bout d'un certain temps, il fut forcé de s'en aller; eependanî il ne voulut pas quitter la fontaine sans boire une seconde fois de cette eau qui lui avait paru si savoureuse la première, et comme il n'avait point là sa belle coupe, il se coucha sur la rive et approcha sa tête de la surface de l'eau ; mais au lieu de voir son portrait répété dans le miroir de la fontaine, il lui sembla que c'éLait l'image d'Ondine qui venait au-devant de lui, et lorsque sa bouche toucha à Veau, au lieu du contact huTiiide qu'il attendait, il sentit l'impres-

sion frémissante de deux lèvres; Pierre de Stauffenberg poussa un soupir d'amour; un soupir d'amour qui semblait sortir du fond de la source répondit au sien; les amans avaient échangé leur premier baiser.

Pierre de Stauifenberg revint au château presque fou de bonheur. De toute la nuit il ne put dormir; il avait sans cesse sur les lèvres l'impression de cet ardent baiser, et il se reprochait de n'avoir pas poursuivi Ondine jusqu'au fond de sa retraite; puis pour le soir il faisait mille projets plus insensés les uns que les autres : à chaque instant il regardait le soleil, car le soir n'arrivait pas.

Le soir vint enfin. Mais bien avant l'heure oii il avait Thabiîude de rencontrer Ondine, Pierre de Stauffenberg était auprès de la fontaine ; mais la fontaine était solitaire, et le pauvre chevalier se désespérait, lorsque tout à coup il crut entendre un doux chant qui sortait du fond de l'eau, et parmi les nymphœas qui couvraient le cours du ruisseau, il vit apparaître la blonde tête dOndine; il (it un mouvement pour se précipiter vers elle, mais la jeune fille l'arrêta d'un signe, et marchant sur les larges feuilles des plantes aquatiques que le poids de son corps ne faisait pas fiéchir, elle arriva au bord, chose étrange, sans que l'eau, qui roulait sur elle en grosses gouttes pareilles à des perles, parût mouiller ni ses cheveux ni ses vêtemens. Arrivée près du chevalier, elle s'assit comme elle avait fait la veille ; Pierre se mit à genoux devant elle, lui prit les mains, et la regarda si tendrement qu'il n'y avait point à se tromper aux sentimens qu'elle lui inspirait. Ondine sourit, puis après un moment de silence pendant lequel elle le regarda avec la même tendresse :

— Oui, vous m'aimez, lui Oit-elle, car quoique vous gardiez le silence, je lis dans voire cœur : et moi au^^si je vous aime; une fille des hommes vous eût fait attendre cei aveu, et peut-être eussé-je bien fait d'agir comme une fille des hommes, mais, vous l'avez vu, je suis d'une autre nature que la vôtre, et, transparente comme le palais de cristal que j'habite, je ne sais rien cacher.

— Oh! que je suis heureux, s'.écria le chevalier, car moi je vous aime plus que js ne puis dire, et cela depuis le premier jour que je vous ai vue, et cela pour toujours.

— Pour toujours ? murmura Ondine, faites attention à ce que vous dites, car nous autres fées des eaux, nous n'accordons notre amour qu'avec notre main, et notre main qu'avec notre amour; et comme nous sommes immortelles, le serm.ent que nous faisons nous lie pour ri-lernité ; en serat-il de même de vous ?

— Je ne puis m'engager que pour ma vie, répondit le chevalier ; mais tant que durera ma vie, je vous aimerai.

— Etes- vous sûr de ce que vous dites, demanda Ondine; ne faites point d'imprudentes promesses, ou n'engagez pas votre foi, ou que votre fol soit pure comme le cristal de cette eau, ferme comm.e l'acier de votre épée; songez que la peine que vous me feriez ne serait point une peine momentanée comme les peines de la terre, mais une douleur éternelle comme les douioiirs de l'enfer.

Alors le chevalier étendit la main sur la croix de son épée :

— Aussi vrai, lui dit-il, qu'il m'est impossible de vivre sans vous ; aussi vrai il m'est impossiÎ3Îe de vous être in-

222 IMPRESSIONS JDE VOYAGE.

fidèle. Je puis mourir, mais cesser de vous aimer, jamais I

— Alors, je suis à vous, répondit Ondine; fixez vous-même le jour de nos noces, et demain vous trouverez en vous réveillant la dot de votre fiancée.

— Oh! demain, demain, s'écria le chevalier, pourquoi re* tarder d'un jour le jour où nous serons heureux?

— Demain, dit Ondine, car j'ai autant de désir d'être à vous que vous d'être à moi. Songez seulement celte nuit à l'engagement que vous avez pris, demain matin il sera temps encore de dégager votre parole; demain soir nous serons unis pour toujours.

— Oh! que ne suis je déjh à demain soir! s'écria le chevalier en serrant Ondine sur sa poitrine; mais elle, se dégageant de ses bras, se releva tout debout, puis, s'inclinant comme une fleur que le yent courbe, elle déposa sur les lèvres du chevalier un baiser mille fois plus doux que celui de la veille; et, marchant de nouveau sur les larges feuilles des nymphseas, jusqu'à ce qu'elle fût arrivée à l'endroit où la source était la plus profonde, elle s'enfonça lentement, en saluant le chevalier du sourire et de la main, et disparut sous les eaux.

Le lendemain, en s'éveillant, le chevalier trouva sur la table qui était au milieu de sa chambre à coucher trois corbeilles : l'une pleine d'ambre, l'autre pleine de corail, la troisième pleine de perles : Ondine avait accompli sa promesse ; c'était la dot de l'épouse. Mais nul ne put dire qui les avait apportées là.

Le chevalier sauta en bas de son lit et s'habilla à la hâte. A peine avait-il achevé sa toilette, qu'on lui annonça qu'un

cortège de jeunes filles s'avançait vers le château. Il courut à sa fenêtre, et reconnut Ondine qui s'approchait avec une suite de reine. C'étaient les nymphes des eaux qui lui étaient soumises depuis le Nccker jusqu'au Kensig; elles étaient toutes vêtues comme elle, couronnées des mêmes fleurs qu'elle ; et cependant au premier coup d'œil on reconnaissait la reine des esclaves. Pierre de Stauffenberg courut audevant d'elle ; et comme la veiile au soir il avait prévenu le chapelain, il voulait la conduire droit à l'église, mais Ondine demanda à lui parler une dernière fois encore auparavant, et le chevalier la conduisit dans un cabinet ; là, se voyant seul à seul avec lui, Ondine le regarda fixement, et lisant dans ses yeux les mêmes promesses d'amour :

— Avez-vous bien réfléchi? lui dit-elle.

— Je ne sais si j'ai réfléchi, répondit le chevalier, je sais que je n'ai pensé qu'à vous, que je n'aime que vous, que Je n'aimerai que vous.

— Songez encore une fois à ce que vous venez de promettre et à ce que vous allez faire ; car si jamais votre cœur se refroidit pour moi, ou s'échauffe pour une autre, si d'une façon ou d'autre enfin vous deveniez infidèle, si loin que vous seriez du lieu où je serais, vous st^riez perdu, et vous auriez un signe de votre mort prochaine. Ce signe serait l'apparition de ce pied que voilà; c'est la seule et dernière partie que vous verriez de celle à qui vous avez promis de l'aimer toujours.

Le chevalier tomba à genoux, et baisant ce pied, si joli, qu'il était impossible de croire qu'il devînt jamais un signe sinistre, il renouvela le serment d'aimer Ondine jusqu'à la

mort. Ondine ne demandait pas mieux que de croire; elîe fut donc facilement persuadée, et le même jour l'aumônier du cliâleau unit les deux amans.

Leur bonlieur fut grand; et pendant un an ce bonheur, au lieu de diminuer, ne fit que s'accroître, car au bout de neuf mois Ondine accouclia d'un fils beau comme sa mère ; mais cette année écoulée, Louis de Bavière, qui, ù la sollicitation d'Edouard IIÏ d'Angleterre, avait déclaré la guerre à Philippe de Valois, fit un appel à tous les chevaliers qui relevaient do lui, et comme Pierre de Stauffenhergétait un des plus puissans, et surtout un des plus braves, on devine qu'il fut coHi^ris dans cet appel.

Ontige vit venir le moment d'une séparation avec terreur, et cepâîBdant elle était trop jalouse de la gloire de son mari pour le retenir auprès d'elle ; aussi fut-elle la première h lui inspirer le courage qui lui manquait. Seulement, en son nom et au nom de son fils, elle lui rappela son serment et les risques qu'il y avait pour lui à y manquer. Tout ce que le cœur peut inventer de tendres promesses, Pierre de Stauffenberg les fit : si bien qu'Ondine le vit partir, sinon consolée, du moins confiante.

Une seconds année s'écoula pendant laquelle Pierre de Stauffenberg fit force beaux faits d'armes, et pendant laquelle le duc de Brabant donna de magnifiques fêtes à toute la cour d'Angleterre qui était venue à Bruxelles. Le duc de Brabant n'avait point de fils, mais seulement une fille, de sorte que, pour assurer son duché dans sa famille, il lui fallait un gendre vaillant de cœur et fort d'esprit. A son courage, il avait distingué Pierre de Stauffenberg, de sorte qu'un

EXCURSIOiNS SUR LES BORDS DU RHIN. 225

jour, ayant fait venir le jeune chevalier, il s'ouvrit franchement à lui. et lui offrit la main de sa fille et la survivance de son duché. Pierre le remercia du grand honneur qu'il voulait bien lui faire, mais il avoua qu'il était marié, et lui raconta à qui et comment. Le vieux duc alors secoua la tête, non pas qu'il doutât de la chose, il savait qu'un homme comme Pierre était incapable de mentir, mais parce que la chose lui paraissait tant soit peu diabolique; puis, après un instant de silence pendant lequel cette croyance ne fit que s'affermir dans son esprit :

— Croyez-moi, mon jeune ami, lui dit-il, vous n'êtes point tenu par une pareille promesse, et il y a quelque magie Ih-dessous.

Deux ans auparavant, Pierre de Stauffenberg eût répondu que la seule magie qui existât était l'amour ; mais deux ans s'étaient écoulés depuis son mariage, un an de possession, un an d'absence : il lui sembla que le vieux duc pourrait bien avoir raison. Cependant il répondit au duc de Brabant qu'au fond du cœur il partageait ses doutes, mais qu'il no s'en croyait pas moins engagé par le serment qu'il avait fait. Alors le duc lui proposa de recourir aux lumières de monseigneur l'archevêque de Cologne, Walrame de Juliers, qui était un grand clerc en matière pareille, et Pierre de Stauffenberg, chez lequel sa nouvelle ambition grandissait d'heure en heure aux dépens de son ancien amour, consentit à accepter son arbitrage, et promit de s'en rapporter à lui.

Comme on le pense bien, monseigneur Walrame de Juliers fut de l'avis du duc de Brabant, et il ajouta même que de pareilles alliances étaient réprouvées par l'Eglise, et que

c'était faire une œuvre méritoire que de les rompre. En face de pareilles autorités, Pierre de Stauffenberg, déjà poussé par son secret désir, ne trouva plus d'objections à faire : les fiançailles furent célébrées, et le mariage fixé à huitaine.

La veille du jour où le mariage devait avoir lieu, un des vassaux de Pierre de Stauffenberg demanda à parler à son maître. Il venait lui annoncer que sept jours auparavant sa femme avait disparu emportant son enfant. Le chevalier calcula les dates ; le moment de la disparition d'Ondine correspondait, minute par minute, à l'heuredes fiançailles de Pierre. Pierre n'en demeura que plus convaincu que son premier mariage n'était qu'une œuvre magique, et qu'il avait été le jouet de quelque démon qui avait pris la ressemblance d'une femme pour le faire tomber dans le piège. Le peu de remords qu'il ressentait au fond du cœur s'en eifaça,et il se prépara joyeusement à la cérémonie du lendemain.

Le grand jour arriva enfin : la bénédiction nuptiale fut donnée aux nouveaux époux par monseigneur Walramo, puis l'on revint à une campagne voisine, où le dîner était préparé. Après ]e dîner, les nouveaux époux devaient se rendre h un magnifique château, sitiié entre Louvain etMalines, et qui était un don que le duc de Brabant faisait aux nouveaux époux.

On était au dessert, les meilleurs vins du Tihin circulaient dans les plus grandes coupes qu'on eut pu trouver. Tout le monde était joyeux et content : Pierre de Stauffenberg semblait partager la gaieté générale, lorsque tout à coup ses yeux se fixèrent sur la portion de la muraille qui était en

face de lui : un pied, si joli et si mignon que ce ne pouvait être qu'un pied de femme, sortait de la paroi, sans qu'on pût voir aucune autre partie du corps de celle à qui il appartenait. Pierre se rappela la prédiction d'Ondine et la menace qui s'y rattachait : si brave qu'il fût, ses cheveux se dressèrent sur sa tête, et une sueur froide lui tomba du front, car le danger dont il était menacé était un danger inconnu et invisible, un danger auquel il ne pouvait faire face, et par conséquent qui devait l'intimider, si brave qu'il fût.

La vision dura quelques minutes, pendant lesquelles les yeux de Siauffenberg demeurèrent constamment fixés sur la muraille, puis elle disparut.

Mais quelle que fût l'impression morale produite sur le chevalier, il avait assez de puissance sur lui-même pour la dérober à tous les yeux; personne ne s'aperçut donc du souci où son esprit était tombé. On plaisanta seulement sur ce qu'il cessait de manger et de boire, mais il répondit avec tant d'à-propos et de gaieté, que personne n'y fit plus attention.

L'heure de quitter la table arriva. Le château où devaient se rendre les nouveaux époux était situé à deux lieues à peu près de la maison de campagne où avait eu lieu le diner. Vers les onze heures, chacun se leva de table, et tes convives, raoniant à cheval , résolurent de conduire les deux jeunes gens jusqu'à leur deiiieure.

Le cortège se mit en roule : ia nuit éiait sombre, et à peine y voyait-on asst'z clair pour suivre le chemin mal tracé qui CA^ndu.isait au château , Jorsquen passant près d'une ruine,

quelque chose comme une ombre se dressa devant le cheval de Pierre de Stauffenberg, qui, effrayé de cette appariiion, fit un écart el s'emporta. Mais comme on savait le jeune comte excellent cavalier, chacun ne fit que rire du caprice de sa monture, et on continua d'avancer, certain qu'il ne tarderait pas à rejoindre le cortège après avoir mis son cheval à la raison.

Mais il n'en fut pas ainsi, il semblait que le cheval du comte avait un démon dans le corps; aussi ne ful-ce qu'après une demi-heure qu'il s'arrêta. Le chevalier alors essaya de s'orienter, ce n'était pas chose facile, car, ainsi que nous l'avons dit, il faisait nuit obscure; mais au bout d'un instant, il vit tout à coup à Thorizon s'illuminer les fenêtres d'un château, et il ne douta point que ce ne fût celui où il devait se rendre, et où, sans doute, s'élaitrendu avant lui !e reste de la noce. Il prit aussitôt son chemin à travers terre, et à mesure qu'il approcha, il reconnut qu'il avait deviné juste; il n'en était plus qu'à quelques centaines de pas, lorsqu'il s8 trouva sur les bords d'une petite rivière.

Le elievalier tourna les yeux de tous côtés pour chercher un pont; il remonta et descendit même la rive pendant l'espace d'un quart de lieue à peu près, mais voyant qu'il ne trouvait point ce qu'il cherchait, il en augura que la rivière était guéable, et y poussa son cheval.

Mais à peine Pierre de Stauffenberg fut-il au milieu du couratit, que la même ombre qui avait déjà effrayé son cheval sortit de l'eau, et se dressa de nouveau devant lui. A cette vtie, le cheval se cabra, renversa son maître dans la ri-

vière, gagna le rivage, et s'élança vers le chûteau en hennissant de frayeur.

Et ce qui arriva du chevalier, nul n'en sut rien ; car, quoique le lendemain la trace des pieds du cheval conduisît directement à l'endroit où il était tombé, et que cet endroit eût été connu jusqu'alors pour n'avoir que deux ou trois pieds de profondeur, il s'y éiait tout à coup creusé un gouffre, dont encore aujourd'hui il est impossible de trouver le fond.

Quant au château de S(auffenberg, comme il ne put jamais être prouvé que le comte était mort, puisqu'on n'avait point retrouvé son cadavre, l'empereur ne jugea pas qu'il pût en disposer, si bien qu'à partir de ce moment le château tomba en ruines.

Ce sont ces ruines qui, au dire des paysans, sont hantées par Ondine et par son fils.

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