‹ Exercices de physique et applications préparatoires à la licenceChapitre 119 sur 293 · ÉLECTROSTATIQUE OU ÉLECTRICITÉ EN ÉQUILIBRE · texte numérisé non relu

ÉLECTROSTATIQUE OU ÉLECTRICITÉ EN ÉQUILIBRE

La plupart des corps, sinon tous, acquièrent par le frottement la propriété temporaire d'attirer les corps légers; cette propriété, qui a été découverte d'abord pour Tambre (:^X£XTpov), s'énonce en disant que les corps sont électrisés, c'est-à-dire semblables à l'ambre : le mot ne dit rien de plus.

Le degré d'électrisation d'un corps se mesure par l'action qu'il exerce ; c'est ainsi que nous acquérons la notion de la charge. La charge d'un corps peut être égale à celle d'un autre ou à la somme des charges de deux ou plusieurs corps; elle est donc mesurable : ce résultat s'exprime sous une forme concise en disant qu'un corps électrisé est chargé d'une quantité mesurable et connue d'électricité de masse m. L'unité de quantité ou de masse est celle qui, agissant sur une quantité égale, placée à i^ de distance, exerce sur elle une force égale à une dyne. Telle est la définition de la masse électrique considérée comme quantité mathématique.

Les phénomènes électriques présentent un caractère de dualité qui nous oblige de distinguer des quantités positives d'électricité vitrée et négatives d'électricité résineuse. L'addition de deux charges égales et de signe contraire, -h m et — m, produit un état de non-électrisation représenté par zéro. Un corps à l'état neutre est virtuellement chargé de quanti- W. i3

tés égales et opposées de grandeur indéfinie : celte dernière hypothèse, absolument invraisemblable, s'impose néanmoins à nous, comme déduction légitime des précédentes, mais nous ne nous laisserons pas arrêter par cette difQculté, car nous verrons bientôt que les théories modernes de l'électricité sont indépendantes des opinions que Ton peut avoir sur la nature de rélectricité.

Pour nous, rélectricité est une grandeur, de nature inconnue, mais mesurable et dont Taction est connue : cela suffit pour édifier une théorie, qui est basée uniquement sur l'observation et Texpérience, et n'emprunte rien aux suppositions plus ou moins heureuses par lesquelles on a cherché à pénétrer le mystère de la nature de l'électricité. Il est vrai que nous conservons l'ancienne terminologie; bien que nous soyons assurés que l'électricité ne soit pas une substance, mais une manière d'être, nous parlons encore de fluide, nous lui prêtons une densité, nous évaluons l'épaisseur de ses couches, nous disons qu'il réside à la surface des conducteurs, qu'il se propage par contact, qu'il se distribue dans la niasse des diélectriques, etc.; mais il ne faut voir dans ces mots que l'expression la plus simple de faits apparents observés ou calculés, absolument indiscutables, que la science constate en refusant de les interpréter.

Ces préliminaires devaient précéder l'exposé de la théorie de l'électricité en équilibre.

Cette théorie, que Sir William Thomson et Clerk Maxwell ont transformée, est entièrement basée sur la loi de Coulomb : l'action qui s'exerce entre deux masses élémentaires d'électricité m et m' est dirigée suivant la droite qui les joint; elle est proportionnelle au produit des masses en présence et en raison inverse du carré de leur distance :

Cette force satisfait à la définition des forces centrales.

L'action réciproque de deux corps électrisés, de dimensions finies, est la résultante des actions des masses élémentaires qui constituent leur charge.

L'espace dans lequel se fait sentir l'action d'un corps élec-

Page 1