Expériences sur la coagulation du sang. — Un grand
chien (iO à 15 kilogr. au moins), anesthésié par la morphine (30 à 50 centig. de chlorhydrate de morphine en injection sous-cutanée), est attaché sur le dos, dans la gouttière de Cl. Bernard. Les deux jugulaires externes A et B sont mises à nu, isolées avec précaution, liées aux deux extrémités par des ligatures doubles, extraites, et suspendues verticalement. Dans l'une A, on glisse un stylet de verre (corps étranger), obtenu en éth*ant une baguette de verre dans
la flamme du brûleur de Bunsen; l'autre B, est abandonnée au repos. Au bout d'une heure, on ouvre A au moyen de ciseaux : on y trouve un caillot entourant le stylet. Au bout de plusieurs heures, on observe par transparence dans la veine B, la séparation du saufç en phisma jaune, clair, surnageant, et en globules, formant une couche profonde, rouge, sombre. En ouvrant la veine, on constate que le sang qu'elle contient est resté liquide; le plasma qu'on en extrait ne tarde pas à se coaguler spontanément.
Une artère carotide est mise à nu : on lie le bout périphérique, et on introduit dans le bout central, une canule à laquelle fait suite un tube de caoutchouc. On saigne l'animal.
Chaque élève reçoit .• 1" un écliantillon de sang (20 à 30 ce.), pour faire un dosage de fibrine (voir n" 21); et 2° un échantillon plus petit (une goutte), dans un tube de verre presque capillaire, effilé aux deux bouts (et scellé ensuite), afin d'observer la formation du sérum, et la rétraction du caillot.
Une goutte de sang, déposée sur une plaque porte-objet, et couverte d'une lamelle, sert pour l'examen microscopique.
D'autres échantillons de sang sont reçus respectivement : n) Dans un gobelet de verre, sans aucune addition. Au bout de 6 à 12 minutes, le sang est pris en gelée cohérente; le gobelet peut être retourné, sans que le caillot se détache. Quelques gouttelettes de sérum ne tardent pas à se montrer à la surface du caillot, qui se détache du verre, et continue à se rétracter.
b) Dans un petit matras (exactement rempli), pour observer ultérieurement la rétraction du caillot moulé sur le vase.
c) Dans des tiibes de métal, entourés de glace (saupoudrée de quelques grains de sel); le sang, refroidi rapidement à 0", reste liquide, mais se prend en gelée dès qu'on le réchauffe.
d) Dans un gobelet contenant de la solution saturée de MgSO* (le tiers du volume de sang à recevoir.) Le sang ne se coagule pas ; on attend le dépôt des globules (que l'on accélère par l'emploi de la machine à force centrifuge), pour recueillir le plasma surnageant. Il peut servir à répéter les expériences des n°» 22, 23 et 24.
e) Dans une infusion de sangsue (sangsue tuée par le chloroforme, pilée avec quelques centimètres cubes d'une solution de NaCl à 5 °/o).
f) A l'abri de l'air, dans un tube renversé sur la cuve à mercure et rempli lui-même de mercure. La coagulation est seulement retardée.
21. Dosage de la fibrine. — Pesez, au décigramme près (sur une balance ordinaire), un appareil à défibriner de Hoppe-Seyler (très petit gobelet recouvert d'une chape en caoutchouc, traversée par la baguette de baleine servant à défibriner — fig. 24); notez le poids. Recevez dans cet appareil, 20 à 30 ce. de sang (voir n° 20), remettez la chape en caoutchouc et défibrinez pendant dix minutes. Pesez à nouveau, pour avoir le poids du sang. La fibrine est recueillie sur la baleine, lavée à l'eau, en malaxant jusqu'à ce que le flocon n'ait plus qu'une teinte rosée. Recueillez pareillement les flocons qui pourraient ne pas s'être attachés à la baleine, Fig. 24. et flotteraient dans le liquide. A cet effet, diluez le sang,
par petites portions, avec une grande quantité de solution de chlorure de sodium (') à I "/„ (une partie de solution saturée de NaCl pour 30 parties au moins d'eau). Une partie de ce mélange de sang défibriné et de solution de chlorure sodique, est abandonnée au repos dans une grande capsule, pour permettre aux globules de se déposer (voir plus loin n" 25).
Réglez la température de l'étuve, de manière qu'elle soit comprise entre 110 et 125"; placez-y pendant une dizaine de minutes, d'une part, deux verres de montre avec leur ressort, d'autre part, un petit filtre exempt de cendres. Au bout de dix minutes, vous retirez le tout de l'étuve, vous introduisez le filtre entre les deux verres de montre, vous appliquez ceux-ci l'un contre l'autre, au moyen de la pince à ressort et laissez refroidir complètement dans l'exsiccateur. Pesez, au milligramme près, sur une balance de précision.
Eappelez-vous que, dans ces pesées, l'objet à peser se place sur le plateau gauche de la balance, et les poids, que l'on manie au moyen d'une pince, sur le plateau droit; que la balance doit être arrêtée chaque fois que l'on enlève ou que l'on dépose un nouveau poids; que le cavalier (fig. 25), placé sur le fléau de la balance, sert à remplacer les poids des milligrammes (les poids servent pour les grammes, décigrammes et centigrammes); que chaque division du fléau correspond Fio -r^ à, un milKgramme, dans la manœuvre du cavalier^ etc. Notez le poids.
Placez le filtre taré sur un petit entonnoir, déposez-y le flocon de fibrine enlevé de la baguette, et ceux que vous auriez pu recueillir dans le sang défibriné; lavez à l'alcool, puis à l'éther. Enlevez filtre et fibrine, pliez, et déposez dans l'étuve sur les verres de montre; séchez à H- 110° pendant au moins trois à six heures. Quand la dessiccation est terminée, introduisez le filtre entre les verres de montre, refermez, laissez refroidir dans l'exsiccateur, et pesez. L'augmentation de poids représente le poids de la fibrine et des sels insolubles.
Pour avoir le poids des sels insolubles, incinérez filtre et fibrine dans un petit creuset ouvert (voir fig. 31, n" 34), placé sur un triangle. Couvrez le creuset, laissez-le refroidir dans l'exsiccateur, et pesez avec les cendres; puis pesez de nouveau, après en avoir retiré les cendres.