Carmin et picrocarmin. — Examinez pareillement au
spectroscope une solution ammoniacale de carmin, en la comparant à une solution d'oxyhémoglobine, et en faisant agir un corps réducteur.
32. L'oxyhémoglobine se réduit par la conservation en vase clos, mais ne se détruit pas par la putréfaction, à l'abri de l'air. — Introduisez avec précaution, au moyen d'un entonnoir très effilé (r, fig. 28), un peu de solution d'oxyhémoglobine diluée dans un tube (a, fig.28); scellez-le à la lampe (b, fig. 28). Au bout de quelques jours, observez le changement de teinte et la bande unique d'absorption correspondant à la réduction spontanée de l'hémoglobine.
Fig. 28. Refaites la même expérience avec la solution
rt, introduction de la solu- oxycarbonée. Cette solution conserve sa belle
tion d'hémoglobine dans teinte rouge, et son spectre caractéristique, un tube à conserver. , , ^ ,. i • -, i, • x,-j.-
maigre sa conservation a l abri de 1 air. Miqueb, le môme tube rempli et , ? , , . i i -^i -
jceiié. l'Gz les tubes, et mettez-les de cote.
Toutes les expériences de spectroscopie sont répétées au moyen d'un grand spectroscope, installé à demeure dans la chambre obscure, et devant lequel on place successivement les solutions d'hémoglobine, d'oxyhémoglobine et d'hémoglobine oxycarbonée, à différents degrés de concentration. La méthémoglobine, l'hémochromogène et l'hématine, en solution acide et en solution alcaline, présentent également des spectres d'absorption intéressants (voir fig. 29).
33. Cristaux d'hémoglobine. — Chaque étudiant reçoit sur un porte-objet, trois gouttes d'une solution concentrée d'hémoglobine (') de cobaye, que l'on conserve au laboratoire dans des tubes scellés. Cette hémoglobine passe au contact de l'air à l'état d'oxyhémoglobine, et commence à cristalliser. Recouvrez chaque goutte de sang d'une lamelle, et examinez au microscope à un grossissement moyen, tant à la lumière ordinaire qu'à la lumière polarisée (prisme de Nicol polariseur sous la platine du microscope, Nicol analyseur au-dessus de l'oculaire — interposez une plaque de gypse au-dessus du polariseur, et faites tourner l'oculaire analyseur — les cristaux d'hémoglo-
(•)Sang de cobaye, défibrinf^, soumis à la cong(?lation, puis introduit après di^gel dans des tubes de verre et conservé à labri do l'air, il suffit de casser la pointe d'un des tubes et de l'incliner, pour laisser écouler à l'extérieur une goutte de sang.
bine prennent des tons pourpres, bleus, orangés, etc., du plus bel elBfet; ces cristaux sont biréfringents).
Fig. 29.
Spectroscopc disposé pour l'examen ilii spectre d"absorplion de roxyhénio<;Iobine. Les rayons lumineux (^mant^s de la lampe K, traversent la solution rouge contenue dans le vase à faces parallèles D fhf^matinomelre de Hoppe-Seyler), entrent dans le tube B, par une fente étroite, sont dispersés et réfractés par le prisme, et arrivent à l'œil de l'observateur par la lunette A. La lampe K sert à éclairer une échelle graduée contenue dans le tube C L'image de cette échelle se rélléchit à la surface du prisme et vient se peindre à côté du spectre d'absorption.
On peut aussi déposer sur le porte-objet, une goutte de sang de cobaye, obtenue en faisant une légère coupure au pavillon de l'oreille, la laisser sécher sur les bords, ajouter une goutte d'eau et recouvrir d'une lamelle au bout de quelques minutes. La cristallisation s'établit souvent tardivement.
Fig. 30.
Cristaux d'oxyhémoglobine de cobaye (tétraèdre simple et tétraèdres modifiés).
34. L'hémoglobine contient du fer. — Une partie de la bouillie de globules est desséchée dans une capsule au bain-marie.
puis incinérée avec précaution, dans un petit creuset ouvert (sous la
cage d'évaporation). Il reste un résidu couleur de rouille (oxyde de fer). Laissez refroidir, ajoutez quelques gouttes d'acide chlorhydrique, pour dissoudre l'oxyde et y recherclier la présence du fer. A cet effet, diluez avec quelques ce. d'eau et divisez en deux portions. A l'une, ajoutez quelques gouttes de solution de ferro-cyanure de potassium == précipité de bleu de Prusse. A l'autre, ajoutez quelques gouttes de sulfo-cyanure de potassium = précipité ou coloration rouge.
35. L'hémoglobine se transforme à l'air en méthémoglobine. — Projetez quelques gouttes de sang sur du i-ijr papier à filtre. Au bout de quelques
Caicination de l'hémofîiobine dans heures, l'hémoglobine prend un ton bruun petit creuset en porcelaine. nâtre sale (méthémoglobine).
36. L'hémoglobine transporte l'ozone de l'essence de térébenthine à la résine de gayac. — Faites dans un tube à réaction, un mélange, à parties égales, d'essence de térébenthine (ozonisée : essence vieille) et de teinture de gayac fraîche (dissoudre un morceau de résine de gayac dans quelques ce. d'alcool); agitez vivement. Versez quelques gouttes du liquide trouble ainsi obtenu, sur un morceau de papier à filtre; attendez que le liquide ait été bu par le papier et se soit évaporé en partie. Laissez tomber sur le papier une ou plusieurs gouttes de sang (ou de solution d'hémoglobine) : chaque goutte de sang s'entoure d'une auréole bleue, et finit par bleuir elle-même complètement.
Ajoutez quelques gouttes de sang au tube qui contient le reste du mélange de gayac et d'essence, et agitez vivement; la masse prend d'abord une coloration brun-verdâtre sale, puis franchement bleue.
Note. — Il est plus difficile d'obtenir la coloration bleue par l'action du sang seul (sans essence de térébenthine) sur la teinture de gayac.
37. Dosage colorimétrique de l'oxyhémoglobine, au moyen de l'hémoglobinomètre de Gowers.
L'instrument se compose :
a) D'une pipette très étroite, munie d'un tube aspirateur en caoutchouc, et destinée à mesurer 20 millimètres cubes de sang (aspirer jusqu'à la marque transversale).
h) D'un tube gradué, dans lequel on introduit les 20 mm. c. de
sang, et dans lequel on dilue par addition d'eau, jusqu'à co que la teinte du mélange paraisse semblable à celle du liquide coloré contenu dans le tube étalon d.
c) D'une pipette à eau, servant à diluer le sang à l'intérieur du tube b.
d) Du tube étalon rempli d'une solution de picro-carmin, correspondant comme teinte à du sang humain normal, dilué au centième.
e) D'un bloc de liège percé de trous ; c'est dans ce bloc que l'on fixe verticalement, l'un à côté de l'autre, le tube gradué b et le tube étalon d. On place le tout sur fond blanc, devant une fenêtre.
Les divisions du tube gradué correspondent chacune à un volume (20 mm.) de sang; elles indiquent par conséquent le nombre de volumes d'eau qu'il a fallu ajouter à un volume de sang, pour que la teneur en hémoglobine, soit la même que celle d'une solution de sang humain normal, au centième.
38. Hématine. — Versez de l'acide acétique dans une solution d'oxyhémoglobine : celle-ci est décomposée en albumine acide et en hématine, qui colore le liquide en brun-café. La même réaction s'établit,quoique plus lentement,avec l'oxyhémoglobine et la potasse.
39. Hémochromog'ène. - La solution brune d'hématine, obtenue par l'action de la potasse sur l'oxyhémoglobine, est introduite dans un tube, scellée (voir fig. 28, n° 32), et conservée à l'abri de l'air : elle ne tarde pas, au bout de plusieurs jours, à se réduire, en se transformant en hémochromogène, qui est rouge. Cassez la pointe du tube, versez le liquide rouge sur fond blanc (assiette ou capsule de porcelaine), pour observer l'oxydation de l'hémochromogène et sa transformation en hématine brune.
Versez dans un grand tube, une solution d'oxyhémoglobine ou de sang, introduisez-y également un second tube plus petit, contenant une solution de soude, en évitant de mélanger les deux liquides. Scellez le grand tube à la lampe. Attendez quelques jours jusqu'à ce que l'hémoglobine se soit réduite spontanément, puis retournez le grand tube, de manière à provoquer lé mélange de l'hémoglobine réduite et de la soude. Il se forme de l'hémochromogène (rouge), qui se transformera en hématine (brune), si vous ouvrez le tube, et si vous laissez le liquide exposé à l'air.
Fig. 3!2.
Hémoglobinomètre de Gowers
rt, pipette de 20 mm. c. ;
/>, tube gradué pour le mélange du sang;
c, pipette pour diluer ;
(/, tube étalon, renfermant du picro-carmin correspondant à la dilution au iOO« du sang normal.
40. Hémine ou chlorhydrato d'hématine. — Pulvérisez dans le mortier un petit fragment de sang desséché ; déj)Osez-en une
très petite pincée dans un verre de montre; ajoutez quelques gouttes d'acide acétique glacial et dissolvez à une douce chaleur au bainmarie. Renouvelez au besoin une ou deux fois l'acide acétique; évaporez jusqu'à consistance sirupeuse, puis versez une goutte du liquide épaissi, sur un porte -objet ; recouvrez d'une lamelle et examinez à un fort grossissement : . cristaux d'hémine. La préparation se conserve
Cristaux d Honnne en pre- • a'ii • i paration microscopique. indenniment.
Fort grossisseincnl.