‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 136 sur 147 · L "EXAMEN · texte numérisé non relu

L "EXAMEN

La méditation terminée, on examinera comment elle réussi. Il faudra doue rechercher comment on s'es4

comporté, et dans la préparation, et dans la méditation jlle-même.

Par rapport à la préparation : Ai-je lu ou entendu lire les points la veille avec attention? Mesuis-je maintenu ensuite dans le recueillement? Ai-je repassé brièvement le sujet de la méditation après le coucher, avant de m'endormir? Me le suis-je encore rappelé le matin, à mon réveil, en éloignant toute autre pensée? Ai-je entretenu des sentiments conformes au sujet de la méditation en me lavant les mains et le visage, en me rendant à la chapelle ou ailleurs? Me suis-je conservé dans le repos intérieur, surtout immédiatement avant la méditation 1 Supposé que je n'aie pas lu de nouveau les points, me les suis-je du moins remis dans la mémoire? Avant de commencer, me suis je tenu quelques instants debout, pensant à l'action que j'allais faire et à la présence de Dieu? — Telles sont à peu près les questions que l'on peut se faire sur la préparation.

Par rapporta la méditation elle-même, examinons le commencement, le milieu, la fin.

1° Le commencement \ Avec quel respect, quelle attention, quelle dévotion ai-je fait l'oraison préparatoire? Ai-je fait exactement les préludes, surtout le second, en demandante Dieu la lumière etla grâce spéciale, selon le sujet de la méditalion?

2° Le milieu de la méditation. Ai-je fait avec le soin requis l'application des puissances de l'âme? — de la mémoire, en considérant attentivement le sujetdelaméditalion? - de Y entendement, en raisonnant sur les questions indiquées? quy a-t-il à considérer sur ce sujet?... quelle doctrine pratique?... etc. Ai-je bien pesé les motifs : la nécessité, Y utilité, la convenance? etc. ; — de la volonté, en excitant des affections dans le cours de la méditation ? Ai-je pris des résolutions sérieuses pour rô-

former ma vie et tendre à la perfection? Après avoir pris des résolutions, ai-je demandé humblement le secours d'en haut pour les metlre à exécution ? — Dans tous ces actes, ai-je surmonté les distractions qui sont survenues? du moins ai-je été fidèle à ne pas les admettre? Ai-je vaincu ou méprisé cet ennui qui, peut-être., commençait à entrer dans mon âme, et n'ai-je point, pour cela, cessé de nïappliquer autant que je le pouvais ? Ai-je eu recours au premier prélude, lorsqu'il était de nature à contenir mon imagination vagabonde et à la fixer au sujet de la méditation? Ai-je, de cette manière, apporté une application sérieuse à tous les points de la méditation? etc.

3° La fin. Ai-je fait le colloque et la demande de la grâce avec ferveur? Ai-je secoué cette torpeur qui s'empare quelquefois de l'âme, surtout vers la fin de l'oraison? Ai-je terminé la méditation avec respect?

Enfin, me suis-je efforcé, depuis le commencement jusqu'à la fin, de correspondre à la grâce divine selon mes forces ? L'application de l'esprit a-t-elle été sérieuse, le maintien du corps convenable ? Le respect intérieur et extérieur a-t-il été gardé? La méditation n'a-t-elle pas été interrompue ou quittée sans nécessité ? et, s'il y a eu nécessité, ai-je du moins conservé le repos de l'esprit et le recueillement do l'âme ? etc.

Que l'on ne s'effraye pas du nombre de ces questions, qui pourraient se multiplier encore. Pourvu que l'on connaisse la marche de la méditation, on saisira avec facilité et promptitude en quoi on a manqué ; notre propre conscience nof" servira de guide et d'accusateur, et, en parcourant séparément, comme nous l'avons dit, la préparation, le commencement, le milieu et la fin de la méditation, les plus légers défauts dans lesquels nous serons tombés pourront à peine nous échapper.

Si la méditation a mal )'éussi, dit saint Ignace, notr^

Père, j'en rechercherai les causes avec repentir et propos de me corriger. On découvrira facilement ces causes à l'aide de l'examen précédent. Cependant, si l'on ne rencontrait dans toutes ces questions aucune cause du mauvais succès de la méditation, que Ton pense à la préparation éloignée, au recueillement intérieur pendant le jour, à l'observation de ses règles, à la pureté du cœur, au zèle pour la mortification, etc.; car il est certain que Dieu punit souvent dans l'oraison des fautes commises hors de l'oraison, comme aussi il récompense souvent avec abondance, dans l'oraison, notre ferveur dans les autres actions qui regardent son service.

Si l'on ne trouve aucune cause du mauvais succès de la méditation, on ne laissera pas de s'humilier, en pensant que cette cause peut être secrète ; mais en s'humiliant on évitera l'anxiété, par la résignation de sa volonté à la volonté divine. Observons, du reste, les paroles de notre bienheureux Père : J'en rechercherai les causes avec repentir et propos de me corriger. La première lin de la réflexion est d'apprendre à méditer. Si nous faisions tous les jours ce qui nous est ici prescrit, nous acquerrions facilement cet art, avec le secours de la grûce divine.

Si la méditation a bien réussi, continue saint Ignace, j'en rendrai grâces à Dieu, et je ferai une autre fois de la même manière; c'est-à-dire que je garderai toujours dans la méditation la même méthode, et que toujours j'y apporterai la même application.

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