‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 14 sur 147 · EXPLICATION DE LA MEDITATION FONDAMENTALE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA MEDITATION FONDAMENTALE

)l est de là plus haute importance de comprendre, selon toute l'étendue de nos forces, cette première méditation de saint Ignace, et comme principe, et comme fondement. Nous présenterons donc ici quelques réflexions, en forme d'explication et d'application, afin d'ouvrir en quelque sorte la voie à ceux que l'expérience ne peut encore aider de ses leçons. Cette explication pourra encore nous apprendre avec quelle scrupuleuse attention nous devons peser toutes les paroles du livre des Exercices. De grands sens y sont souvent cachés sous l'enveloppe de quelques mots peu apparents. Pénétrons ces sens par une méditation sérieuse ; mettons-les dans tout leur jour, et appliquons-les à notre conduite.

Remarquons d'abord que cet Exercice, désigné par les noms de Principe et de Fondement, est plutôt une considération, et a surtout pour but d'éclairer l'entendement ; mais rien n'empêche de le rédiger en forme de méditation, comme on a coutume de le faire, et de s'en servir pour émouvoir la volonté. Cependant le principal soin de celui qui fait les Exercices doit être de convaincre pleinement l'entendement de cette vérité première et fondamentale de la tin. Et ici, je lerai remarquer volontiers que la force des Exercices de notre saint fondateur consiste surtout dans cette plénitude de lumière qu'ils donnent à Y entendement. Partout c'est à ce point qu'ils visent; ils veulent avant tout que le retraitant saisisse et comprenne clairement, pieinement et intimement la vérité qu'il médite, et qu'il en demeure tout à fait convaincu. Lorsque cette vérité s'est

une fois emparée de l'âme et Ta pénétrée, les affections de la volonté suivent d'elles-mêmes, et elles n'en sont que plus vraies et plus solides. Du reste, saint Ignace, qui nous avertit sans cesse de demander à Dieu sa grâce. ne sépare jamais celle de la volonté de celle de l'ent» : • dément.

Il faut donc, dès cette première considération ou méditation, recommander à celui qui commence les Exercices de demander à Dieu, avec de vives instances, la lumière, afin de comprendre à fond cette première vérité, et la force ou la volonté d'embrasser toutes les conclusions prai'ques qui en découlent, et qui se présenteront à lui comme d'elles-mêmes, pourvu qu'il médite sérieusement. Dt même, qu'il demande la grâce de s'appliquer sincèrement et sans se faire illusion, à lui, à lui seul, cette vérité avec toutes ses conséquences : Seigneur, faites-moi connaître ma fin, pour que je sache ce qui me manque : « Noium fac mihi, Domine, finem meum... ut sciam quid desit mihi. » (Ps. xxxvm, 5.) Car nous sommes véritablement dans les ténèbres ; et lorsque la lumière divine se montre à nos yeux, elle produit sur nous le même effet que la lumière du jour sur un homme, lorsque l'obscurité de la nuit commence à se dissiper. Le crépuscule lui fait apercevoir les plus grande objets, qu'il ne distingue pas encore d'une manière certaine; le jour augmente, il distingue clairement ces objets et même ceux qui sont plus petits; enfin un rayo;i de soleil pénètre dans son appartement, et il commence à découvrir une i finité d'atomes entièrement invisibles à une lumière moins vive. Ainsi la lumière divine a-t-elle coutume de nou> éclairer, afin que nous voyions ce qui mus manque: « Ut sciam quid desit mihi. » Cependant il ne suffit pas que ? entendement soit éclairé, il faut encore que la torpeur de notrj volonté soit excitée, que

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sa faiblesse soit fortifiée : de là la nécessité de la prière pour obtenir celte double grâce.

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