IV PRÉFACE
Cette édition est le fruit des soins du R. P. Jean Roothaan (1), général de notre Compagnie. Pouvions-nous trop apprécier un travail commandé par le zèle, et soutenu par le sentiment religieux qu'inspiraient à l'éditeur des pages vénérées, dans lesquelles il présentait à ses enfants des paroles qui sont pour eux deux fois celles d'un père?
Nous sommes encore redevables au zèle du même Père d'une traduction latine, dans la^ quelle il reproduit littéralement, et avec la plus scrupuleuse exactitude, le manuscrit que nous venons de citer. Nous y avons eu recours dans nos doutes, et nous aimons à recon-
(1) Né à Amsterdam le 23 novembre 1785, Jean Roothaan entra dans la Compagnie de Jésus, en Russie, le 18 juin 1804; fut élu général de son ordre le 9 juillet 1829, et mourut à Rome le 8 mai 1853, après avoir donné pendant son gouvernement, qui fut long et difficile, des preuves constantes d'une vigilance toute paternelle, d'une rare prudence et d'une haute sagesse. A peine connut-il le livre des Exercices spirituels, qu'il saisit toute la portée des enseignements qu'il renferme : aussi l'étudia-t-il toute sa vie. 11 n'avait point d'autre école d'ascétisme que ce livre; il y trouvait le texte ordinaire de ses entretiens spirituels et la matière de ses exhortations. Il donna une nouvelle preuve de l'intérêt qu'il portait à l'œuvre de saint Ignace en voulant, malgré les occupations multipliées de gon emploi, corriger cette traduction de sa propre»main, travail qu'il ne termina que six mois avant sa mort.
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naître que, presque sans exception, ils ont été dissipés à cette lumière. Cinq éditions de cette version ont été publiées à Rome de 1 835 à 1854 ; les quatre dernières sont accompagnées de notes qui répandent un grand jour sur l'esprit et l'usage des Exercices : nous en donnons aussi la traduction. Celles qui se rapportaient moins directement à l'explication du texte ont été omises dans cette édition. D'un autre côté, on a cru devoir en ajouter un petit nombre qui ont paru nécessaires ou utiles : elles seront toujours entre crochets [ 1 pour éviter la confusion.
Après tout , l'intelligence du texte de saint Ignace n'a pas été le côté le plus ardu de notre travail. Un séjour de trois ans dans la capitale de l'Espagne nous avait donné de l'idiome castillan une connaissance plus que suffisante pour comprendre un ouvrage ascétique écrit sans recherche, et que, par goût autant que par devoir, nous méditions depuis tant d'années. Mais les Saints ont non-seulement leurs pensées, ils ont un style qui leur