‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 22 sur 147 · DE LA PENSÉE · texte numérisé non relu

DE LA PENSÉE

On peut mériter en deux manières lorsqu une mauvaise pensée vient du dehors.

Premièrement, si, lorsque la pensée de commettre un péché mortel se présente, je lui résiste aussitôt, et qu'ainsi j'en triomphe.

Secondement,, si, d'abord repoussée, cette mauvaise pensée revient une ou plusieurs fois, et que je lui résiste toujours, jusqu'à ce que je la chasse entièrement. Cette seconda manière est d'un, plus grand mérite que la première.

On pèche vénielîemenl, quand la pensée de pécher mortellement s'offrant à l'esprit, on lui prêle l'oreille en s'y arrêtant quelques instants, ou lorsqu'on en reçoit quelque délectation sensuelle, ou lorsqu'on apporte quelque négligence à rejeter cette pensée.

On pèche mortellement en deux manières: la première, lorsque l'on consent à la mauvaise

naître ce qui se passe au fond de son âme, il discernera sans beaucoup de difficulté une pensée qui naît de son pmpre fonds, d'une pensée qui vient du dehors. Les pensées qui viennent du dehors sont suggérées par le bon ou par le mauvais esprit. Par le bon esprit, ce sont des inspirations; par le mauvais esprit, ce sont des tentations ou des illusion*. L'homme spirituel examine donc toutes les pensées qui sont en lui, soit qu'elle! lui appartiennent, soit qu'elles viennent du dehors; il suil avec docilité ce qui est bon, il repousse avec fidélité ce qui est mauvais, il déjoue par la prudence ce qui est fallacieux : U homme spirituel juge de tout, dit saint Paul : « Spirituali* mutem jud'cat omnia. » Ci Cor. u, i'ô).\

pensée, avec l'intention de commettre ensuite le péché dont la pensée se présente, ou avec le désir de le commettre, si on le pouvait ; la seconde, quand on commet, extérieurement ce péché.

Or le péché d'action est plus gravé que le péché de pensée pour trois raisons : premièrement, à cause de la durée qui est plus longue ; secondement, à cause de l'affection désordonnée qui est plus forte ; troisièmement, à cause du dommage qui est plus grand pour les deux personnes (1).

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