PRÉLUDE POUR LA CONSIDÉRATION DES DIVERS ÉTATS DE VIE
Nous venons de considérer l'exemple de Notreeigneur Jésus-Christ dans deux états de vie :
(1) {Voir les Mystères). — Saint Ignace fait ici une légère inversion dans l'ordre de la narration évangélique. Voyez-en la raison dans la note sui vante. — (2) Ibid.
(3) Prélude pour la considération des divers étati de vie. — 7 out ce qui touche à l'élection est de la plus haute importance.- Il est donc nécessaire de se bien pénétrer du véritable sens de ce prélude. Le voici : « Après avoir considéré Notre-Seigneur Jésus-Christ comme modèle dans deux états : dans l'étal ordinaire, lorsqu'il obéissait à ses parents ; dans l'état non ordinaire, mais plus parfait, lorsqu'il les quitta pour rester dans ie temple, nous commencerons, etc. » Ce n'est pas sans raison que saint lgn.*ce a pensé devoir intervertir légèrement er cet endroit l'ordre des paroles, et même des faits èvangéliquee Sans nuire à la vérité historique, il la dirige heureusement vers le but qu'il se propose. Ainsi, dans la premiène contemplation, il nous présente l'obéissance du Dieu-Enfant comme la forme de la vie commune : Et il leur était soumis : « Elerctubditus illis ; » puis, dans la seconde, sa séparation d'avec ses parents et sa demeure dans le temple, comme la forme de a vie parfaite : L'e-t fant Jésus demeura à Jérusalem : iRemaïm
prélude poik l'élection. 179
dans le premier, qui est celui de l'observation des commandements, lorsqu'il était sous l'obéissance de ses parents ; dans le second, qui est celui de la perfection évangélique, lorsqu'il resta dans le temple, abandonnant son père adoptif et sa mère selon la nature pour vaquer uniquement au ser vice de son Père éternel.
Nous commencerons donc ici, tout en contemplant sa vie (1), à rechercher devant Dieu, et à lui demander avec instance la grâce de nous faire connaître en quel état ou genre de vie sa divine Majesté veut se servir de nous (2).
sit puer Jésus in Jérusalem. i> C'est ainsi que la contemplation de ces deux mystères, proposés dans cet ordre, prépare les voies et dispose les esprits à entrer dans la considération des diflérenis état.- ou genres de vie.
(I) Tout en contemplant. — Il ne faut donc pas interrompre la contemplation des mystèresde Noire-Seigneur pour se livrer àl'exameu de la vocation. Cet examen se doit faire, dans l'intention de saint Ignace, en continuant de contempler la vie de Jésus-Christ dans les mystères assignés pour les jours suivants. Or, afin de connaître l'état auquel Dieu nous appelle, nous devons faire djnx choses : rechercher on examiner, et demander. Il ne suffît pas de recherchtr, il ne suffit pa? de demander, il faut faire l'un et l'autre. Car Dieu veut que de notre côté nous fassions ce qui dépend de nous, que nous appliquions les puissances de notre âme à connaître ce qu'il convient que nous fassions pour le servir, et il veut en même empsque le sentiment de la déiiance de nous-mêmes nous porte à implorer sa lumière et sa grâce, de peur que notre sens ne nous trompe, ce qui serait très-l'aciie, même sous l'ap- >arence du bien, si rous nous trouvions privés de la lumière livine, qu'il faut pai conséquent demander avec instance dans une affaire aussi importante.
(2) Veut se servir de nouf. — Car la volonti divine est de
Pour introduction à cet examen (1), nous découvrirons dans l'Exercice suivant, d'un côté, l'intention de Jésus-Christ, notre Seigneur, et, de l'autre , celle de l'ennemi de la nature humaine (2), et nous apprendrons ce que nous de-
nous employer à son service comme instruments. (Voyez annotation 5, note 2, page 6.)
(1) Pour introduction à cet examen. — Mot à mot : Et ainsi, pour quelque introduction à ceci, c'est- vi-diie pour nous disposer en quelque manière à rechercher ou à examiner dans quel état Dieu veut se servir de nous, et à le lui demander, ou à implorer sur ce sujet sa lumière et sa grâce.
(2) De l'ennemi de la nature humaine. — Voyez annotation 7, noie \, page 8.
Nota. Ce que dit saint Ignace relativement au Lut de l'Exercice qui suit, et quia pour titre: De deux Etendards, mérite une attention particulière. Il ne s'agit pas, dans cet Exer« cice,de délibérer si nousdevons suivre Jésus-Christ ou Lucifer. Cette délibération, injurieuse à la personne du Sauveur, serait de la dernière inconvenance, absurde, intolérable, surtout en cet endroit. Quel est en effet celui qui, dans la première semaine, n'a pas voué pour jamais à l'exécration Lucifer et son étendard ? Qui n'a pas compris, dans la méditation du règne de Jésus-Christ, que le Verbe fait chair est l'unique chef que nous devons suivre ? Il ne s'agit donc nullement de cette question. Aussi l'auteur des Exercices se propose-t-il un tout autre but, celui de nous présenter une introduction pour nous disposer à l'examen d'un état de vie. C'est ce moyen qu'il appelle un prélude pour faire ave ■ connaissance de cause l'élection ; un prélude dans lequel nous considérions, ou, pour me servir de l'expression textuelle, nous voyions, comme si nous l'avions réellement sous les yeux, d'un côté, l'intention de Noire-Seigneur Jésus-Christ ; de l'autre, l'intention de Lu* cifer ou du démon. L'intention : ce mot signifie moins dans ce passage la /m dernière que Jésus-Christ d'un côté, et Lucifer de l'autre, se proposent, que les moyens par lesquels, ici, le Sauveur du monde veu conduire les hommes du salut ; là, l'ennemi de notre nature veut les entraîner à leur perte. Or