‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 48 sur 147 · LES DEUX ÉTENDARDS · texte numérisé non relu

LES DEUX ÉTENDARDS

fait historique de la méditation. Ici c'est, d'un •"■ôlé, Jésus-Christ qui appelle tous les hommes et veut les réunir sous son étendard ; de l'autre, c'est Lucifer qui les appelle sous le sien.

Le second prélude est la composition de lieu. Ici, on se représentera une vasle plaine près de Jérusalem, au milieu de laquelle se trouve iSotre- Seigneur Jésus-Christ, Chef souverain de tous les hommes vertueux, et une autre plaine près de Babylone, où est Lucifer, le chef (1) des ennemis.

Le troisième prélude consiste à demander ce que je veux obtenir. Dans cet Exercice ce sera, premièrement, la connaissance des ruses du chef des méchants et le secours dont j'ai besoin pour m'en défendre ; secondement, la connaissance de la véritable vie, qui nous est montrée par le Chef souverain et légitime, et la grâce nécessaire pour l'imiter (2).

opposé à l'esprit du monde; afin que ceux qui ont déjà embrassé, ou qui se décideraient à embrasser un autre état que celui de la perfection, puissent acquérir la perfection propre de leur état. (Voir le Nota précédent.)

(1) Le chef des ennemis. — Saint Ignace donne à Lucifer le nom de chef, et à Jésus-Christ celui de capitaine général. Le premier titre ne marque pas toujours un pouvoir t:ès-étendu : on dit le chef de la famille) de plus, il se prend quelquefois en mauvaise part : un chef de secte, de faction, de voleurs. Le second, au contraire, n'est jamais employé que dans un sens honorable; il suppose toujours, dans la personne qui en est revêtue, une autorité légitime, et désigne un chef suprême militaire. [Nous regrettons de n'avoir pu conserver cette distinction dans notre traduction.]

(2) Puisque cette méditation est, dan» l'intention de l'auteur des Exercices, une invilali on à la vie parfaite et surtout à la

Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cetle vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée (1), sous des traits horribles et d'un aspect épouvantable.

vie apostolique, on se demandera peut-être pourquoi il ne nous ordonne pas d^ demander aussi dans ce prélude le zè/t des âmes. Je réponds, premièrement, que cette méditation e»t en effet une invitation à la vie apostolique, mais qu'elle n'est pas proposée uniquement à ceux qui sont appelés à la vie apostolique; qu'elle e-t même, par sa destination première, une introduction à l'élection, ou à la réforme de l'état de vie que l'on a déjà embrassé. (Voyez le Nota, page 180.) Secondement, il est vrai qu'en faisant cette méditation, on se sentira ordinairement embrasé de zèle pour le salut des âmes ; cependant le fruit prochain, immédiat, que nous devons demander est ici, comme dans les Exercices précédente, cette double grâce de l'entendement et de la volonté : grâce de lumière, qui nous fait comprendre la vérité que nous méditons ; grâce de force, qui nous fait haïr ou aimer, rejeter ou embrasser un objet. Quant au fruit spécial de la méditation présente, déjà renfermé dans la demande du troisième prélude, il est plus clairement exprimé dans le colloque,et c'est l'amour de la pauvreté et des mépris, parce que celte disposition est nécessaire à tous ceux qui désirent faire une bonne élection, ou se disposer, par la réforme de leur vie, à acquérir la perfection dans l'état qu'ils . lui aient ou devraient embrasser, surtout si cet état était celui rîe la vie apostolique. — C'est une belle pensée de saint Ignace, d'opposer aux ruses de Satan la véritable vie, dans la personne de Nôtre-Seigneur Jésus- Christ! Car toutes les promesses de Lucifer sont séductions et artifices"; elles conduisent à la mort. Mais Jésus-Christ est la vérité et la vie, et ses promesses no nous sont offertes qxx'afin, ce sont les paroles mêmes du Sauveur, que )tous y trouvions la vie et une abondante vie : « Ego veni ui vitam habeant, et abundantius kabeant. » (Joann. x, 10.) (1) Dans une chair élevée, toute de fea et de fumée. — Le trône du chef des démons est de feu et de fumée. Rien de stable, point de véritable grandeur ; mais agitation perpétuelle,

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