‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 52 sur 147 · LES TROIS CLASSES. J J · texte numérisé non relu

LES TROIS CLASSES. J J

rencontrent à leur dessein dans l'affection au bien qu'elles ont acquis.

Le second prélude est la composition de lieu. Ici, je me considérerai moi-même en présence de Dieu, notre Seigneur, et de tous les Saints, dans la disposition de désirer et de connaître ce qui sera le plus agréable à sa divine volonté.

Le troisième prélude est la demande de ce que l'on veut obtenir. Ici, je demanderai la grâce de choisir ce qui sera en effet le plus glorieux à la divine Majesté, et le plus avantageux au salut de mon âme.

La première classe voudrait se défaire de l'affection qu'elle éprouve pour le bien qu'elle possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut ; mais elle n'emploie de fait aucun moyen avant l'heure de la mort.

La seconde classe veut détruire cette atfeclion; mais elle le veut à la condition de conserver le bien acquis : elle voudrait amener Dieu à son désir, et elle ne peut se déterminer à quitter ce qu'elle possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour elle.

La troisième classe veut aussi se dégager de cette affection, et elle le veut de telle sorte, qu'elle n'est pas plus portée à conserver la somme acquise qu'à ne la conserver pas. Elle ne consultera, pour la retenir ou pour s'en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le servi!.' et la louange de la di-

vine Majesté. En attendant, elle veut se conduire comme ayant tout abandonné de cœur, et s'efforce de ne désirer ni ce qu'elle possède ni aucun autre bien sur la terre nue dans la seule considération du service de la Majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu'elle a acquis ou à s'en dépouiller (i).

On terminera cet Exercice par les trois colloques de la contemplation des deux étendards.

Il faut remarquer (2) que, quand nous éorou-

(i) Ainsi, la première classe voudrait se dégager de l'affection déréglée; mais comme elle ne veut rien faire, rien sacritier pour obtenir cette grâce, on ne peut pas dire qu'elle veuille véritablement: elle voudrait, mais elle ne veut pas. [Or ce n'est pas Ut velléité qui sauve, c'est la volonté.] — La seconde veut se dépouiller de cette affection ; elle est même disposée à employer quelques moyens : mais elle ne peut consentir à se défaire de l'objet de son affection : elle veut, mais imparfaitement. — La troisième classe veut absolument se défaire de l'affection au bien qu'elle possède; et, pour y parvenir, elle est prête à l'abandonner effectivement; et, en attendant que la volonté divine lui soit connue, elle abandonne tout de cœur : cett : cla;se veut pleinement et parfaitement.

(2) Il faut remunjuer... — Cette remarque est de la plus haute importance, et saint Ignace y renvoie souvent dans la suite. Elle nous présente un moyen de vaincre la répugnance que l'on éprouverait intérieurement à embrasser ce que l'on aurait reconnu comme le plus avantageux. Ce moyen, c'est de prier avec persévérance, c'est de demander même malgré nous, même quand nous craindrions d'être exaucés, de demander cependant, et de demanda instamment, et de protester, contre notre répugnance natiuehc, que nous sommes prêts à embrasser la vo'onté de Dieu, quelle qu'elle puisse

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vons de la répugnance ou une affection contraire à !a pauvreté actuelle, quand nous ne sommes pas dans une véritable indifférence entre la pauvreté et les richesses, il est très-utile, pour détruire cette affection déréglée, de demander dans les colloques, malgré les mouvements de la nature, que le Seigneur daigne nous appeler à ce genre de pauvreté, en lui protestant que nous le voulons, que nous le lui demandons, que nous l'en supplions, pourvu que ce soit pour la gloire et le service de sa divine Bonté.

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