‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 56 sur 147 · LES TROIS DEGIŒS D'HUMILITÉ · texte numérisé non relu

LES TROIS DEGIŒS D'HUMILITÉ

commencer» à se traiter à la contemplation du départ de N >lre-Seigneur de Nazareth pour le Jourdain, c e>t-à-dire le cinquième jour inclusivement : ce <|ui doit se faire selon la méthode indiquée plus lias.

Troisième remarque. Avant d'entrer dans la matière de l'élection, il sera très-utile, pour s'affectionner (1) à la véritable doctrine de Notre Seigneur Jésus-Christ, de considérer attentivement les trois modes ou degrés d'humilité suivants, de s'en occuper souvent pendant le jour, en faisant les trois colloques, comme il est recommandé plus bas.

*ES TROIS DEGRÉS n'HUMILITÈ £)

Le premier degré d'humilité est nécessaire pour le salut éternel. Il consiste à nï abaisser et à m'hu-

(1) Pour s'affectionner. — Pour que l'on parvienne à estimer grandement et à vivement aimer la véritable doctrine de Jésus-Christ. Telle est la force du mot espagnol affectarse. Remarquez le but spécial de cette considération sui les trois degrés de l'humilité, et voyez en quoi il diffère de celu' de la méditation des trois classes. Dans la méditation des trou classes, il s'agissait surtout de la disposition de l'âme à éloigner tout obstacle; dans la présente, des trois degrés d'humilité, l'âme est appelée à se mettre généreusement à la suite do Jesus-Christ, et à l'imiter avec un grand cœur dans les choseï les plus diiliciles. Assurément rien n'est plus élevé, rien n'est plus parfait que ce troisième degré d'humilité, qui consiste dans une disposition de l'âme à choisir et à embrasser tout ce qu'il y a de plus sublime dans la perfection.

(2) (Pourquoi d'humilité? Parce que, selon saint Augustin, l'orgueil est l'amour de soi-même jusqu'au mépris de Dieu; et

milier autant qu'il me sera possible et qu'il est nécessaire pour obéir en tout à la loi de Dieu, notre Seigneur : de sorte que, quand on m'offrirait le domaine de l'univers, quand on me menacerait de m'ôter la vie, je ne mette pas même en délibération (1) la possibilité de transgresser un commandement de Dieu ou des hommes, qui m'oblige sous peine de péché mortel.

Le second degré d'humilité est plus parfait que le premier. Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et (l'affection (2)

l'humilité e?t l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même. Tout vice est désigné par l'orgreil, toute vertu par l'humilité.]

(1) Littéralement : Je ne sois pas à délibérer si je transgresserai... — Il s'agit moins ici de l'acte que de l'habitude, ou disposition de l'àme. Car s'il s'agissait d'éviter actuellement le péché mortel, comment expliquer ces paroles, omises par la Vulgate, mais qui sont textuelles, autant qu'il me sera possible? Elles seraient au moins inutiles, puisqu'il est toujours possible d'éviter actuellement le péché mortel, et que jamais personne ne peut dire avec vérité : Je ne puis m' empêcher de pécher mortellement. Mais, comme il s'agit d'une soumission si entière à la loi divine que, dans les occasions les plus pressantes, je ne délibère pas même un seul instant avec la tentation, je puis désirer que telle soit ma disposition, autant qu'il me sera possible. J'ajouterai même que, bien que ce degré soit nécessaire au salut, et que par conséquent nous devrions tous être dans ce degré, chacun cependant doit penser et dire : Autant qu'il me sera possible; et non sans crainte et sans tremblement. Certes, saint Pierre avait le premier degré d'humilité, et il était dans la disposition que ce degré exige, et cette disposition lui faisait dire à Jésus-Christ : Quand même il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. Et cependant, dans l'acte, dans l'occasion et en présence du danger, il ne resta pas debout. — Ces réflexions doivent s'appliquer à bien plus lorte raison au second degré.

(2) Dans une entière indifférence... — Littéralement ; A me

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