LES TROIS DEGRÉS D'HUMILITE
parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et me rendre de fait plus semblable à lui, je préfère, j'embrasse la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre, plutôt que les richesses ; les opprobres avec Jésus- Christ rassasié d'opprobres, plutôt que les honneurs ; le désir d'être regardé comme un homme inutile et insensé, par amour pour Jésus-Christ, qui le premier a été regardé comme tel, plutôt que de passer pour un homme sage et prudent aux yeux du monde (1).
Il sera donc très-utile, pour celui qui désire obtenir ce troisième degré d'humilité (2), défaire
Et, si cette défense légitime demeure, comme il arrive souvent, sans résultat, il supportera ce nouveau revers, nonseulement avec patience, mais avec joie ; il se félicitera avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ d'avoir été jugé digne d'un double opprobre, qu'il regardera comme une double gloire.
Au reste, pour le dire en passant, les deux premiers degrés d'humilité comprennent l'indifférence parfaite; ils suppposent l'attaque sérieuse de la rébellion de la chair, des sens, de l'amour-propre et de l'amour du monde ; mais pour le troisième degré, non content de l'indifférence et de la poursuite de toute rébellion, il veut absolument et en toute chose agir contre l'inclination de la nature, et cela uniquement pour imiter plus parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et lui ressembler davantage. L'humilité du troisième degré renferme donc un amour très-pur de Jésus Roi; c'est sur cet amour qu'elle repose comme sur une base inébranlable, et elle a une union bien étroite avec l'Exercice du Règne de Jésus-Christ, qui est, ainsi que nous l'avons fait remarquer en son lieu, comme le fondement des trois dernières semaines des Exercice». (Voyez le Règne de Jésus-Christ, 3e point de l'application, note 2, page 153 : D'après ce que nous venons de dire...)
(1) Quelle force et quelle onction dans ces rapprochements: la pauvreté avec Jésus Christ pauvre !... etc.
'XT. Pour celui qui désire. — Saint Ignace ne propose pas lei
les trois colloques de la méditation des troisi classes (1), demandant à Notre-Seigneur qu'il veuille l'appeler à cette vertu dans un degré plus élevé et plus précieux que les deux premiers, afin de l'imiter et de le servir plus parfaitement, pourvu que le service et la louange de sa divine Majesté s'y trouvent également, ou davantage