DE LA DERNIÈRE CENE
Jérusalem. Est-il large ou étroit ? uni ou raboteux ? De même, le lieu de la Cène. Esl-il vaste ou resserré ? disposé de telle ou de toute autre manière ?
Le troisième est la demande de ce que l'on veut obtenir. Dans cette contemplation, je demanderai la tristesse, la douleur et la confusion ; puisque c'est pour mes péchés que le Seigneur va à sa Passion (1).
Dans le premier point, je verrai les personnes de la Cène ; puis, réfléchissant en moi-même, je m'efforcerai d'en retirer quelque profit.
Dans le second, j'enlendrai ce qu'elles disent, et je tâcherai d'en retirer quelque utilité pour mon âme.
Dans le troisième, je regarderai ce qu'elles font, afin d'en retirer quelque fruit.
Dans le quatrième, je considérerai, selon le passage de la Passion que je contemple, ce que Jésus-Christ, notre Seigneur, souffre ou désire
(1) [Que le Seigneur va a sa passion. Expression textuelle, touchante par sa simplicité. Lorsque le Sauveur fut mené tumulluairement par ses ennemis au sommet de la montagne' d'où ils voulaient le précipiter, sachant que son heure n'était pas encore venue, il se retira de leurs mains, et, passant au milieu d'eux, il s'en allait : Ipse aatem, transiens per médium illorum, ibat. (Luc. iv. 30.) Mais c'est maintenant 1 heure de ces mêmes ennemis et des puissances de ténèbres, et jésos va a sa passion. Dans les deux circonstances, c'est le même calme, la même dignité, la même obéissance à son i'^re céleste, le même amour pour les hommes : Je ne boirai pas le calice que mon Père m'a donné? Calicem guem dédit mihi Pater, non bibam illum? (Juan, xvm, 11.)]
souffrir en son Humanité. Ici, je commencerai à réunir toutes les forces de mon âme pour m'exciter à la douleur, à la tristesse et aux larmes ; ce que je ferai avec la même application dans les points suivants.
Dans le cinquième, je considérerai comment la Divinité reste cachée durant toute la Passion du Sauveur. Elle pourrait détruire ses ennemis, et elle ne le fait pas ; et elle abandonne aux plus cruels tourments la très-sainte Humanité qui lui est unie.
Dans le sixième, je considérerai que le Sauveur endure toutes ses souffrances pour mes péchés ; et je me demanderai ce que je dois faire et souffrir pour lui (1).
Je terminerai par un colloque à Jésus-Christ, notre Seigneur, et par l'Oraison dominicale.
11 faut remarquer, comme nous l'avons déjà dit en partie, que dans les colloques nous devons,
(1) Il faut se rappeler ici la remarque faite à propos des mystères de la seconde semaine, note 1, page 159. Cette division) des personnes, de leurs paroles, de leurs actions, avonsnous dit, marque moins l'ordre que la matière de la méditation. Nous en dirons autant des points particuliers à la semaine présente. Quoiqu'ils soient placés après les autres, il ne s'enïuit pas qu'il faille les renvoyer à la fin de la contemplation ; ils doivent, au contraire, accompagner la considération des personnes, de leurs paroles et de leurs actions. 11 faut que nous les ayons toujours sous la main, dans le cours de chaque contemplation, et que nous y recourions sans cesse. Ils nous aideront efficacement à recueillir le fruit propre de la semaine que nous commençons, je veux dire la douleur des souffrances de Kotre-Seigneur Jésus-Christ.