DESCRIPTION EXTÉRIEURE
Une coquille assez solide entoure tout l’abdomen de l’animal. Cette partie est constamment protégée par elle. La partie antérieure, qui comprend les ailes et la tête , ou la première moitié antérieure, ne rentre généralement point. M. De Blainville pense que les H y aies ne peuvent en aucun cas faire rentrer leurs ailes. Nous en avons vu cependant qui étaient parfaitement cachées dans leur coquille avec leurs ailes repliées sous la voûte de celle-ci.
Nous conserverons dans la description cette division de l’animal en deux parties. Les bords du manteau peuvent servir de ligne de démarcation.
La première moitié , ou l’antérieure , est formée par la tête et les ailes. Elle est presque entièrement musculaire. Le bord supérieur est échancré. C’est dans cette échancrure que se trouve la bouche et à sa droite l’ouverture de la verge. La bouche est entourée de deux longues lèvres qui commencent à ce bord, marchent ensemble vers
1 Péron et Lesueur. (Histoire de la famille des Mollusques ptéropodes. ) Ann. du Muséum, tom. XV.
2 Ann. des scienc. nat. , tom. XII , pag. 320.
GENRES HYALE, CLEODORE ET CUVIERIE.
le milieu des ailes pour entourer la bouche latéralement, et se tournent là brusquement en dehors.
Sur la nuque on aperçoit une légère saillie qui est l’indice de la verge.
La moitié postérieure est la plus importante à connaître. Il est nécessaire de briser la coquille, mais on doit s’y prendre avec prudence pour ne pas entamer le manteau , et par là , méconnaître la véritable disposition de l’appareil branchial.
Quand on a dégagé l’abdomen de son enveloppe, l’animal étant placé sur le ventre, on aperçoit sur la nuque , un peu au-devant d’un tubercule produit par la présence de la verge, le commencement du manteau. On aperçoit là un repli qui indique l’adhérence du manteau à la partie supérieure du cou. On ne saurait mieux comprendre cette disposition qu’en la comparant à ce qu’on voit dans les Céphalopodes. Toute la partie antérieure et inférieure est ouverte, et le bord libre du manteau s’étend jusqu’aux parties latérales ou supérieures du cou , pour y contracter adhérence. Toute la moitié inférieure du manteau, dans les Hyales , présente un bord libre comme dans les Céphalopodes, et forme l’ouverture du sac branchial, comme dans ces derniers animaux.
Ce manteau , sur le côté, devant les fentes latérales de la coquille , a deux lèvres qui s’étendent jusqu’à la pointe. Il n’y a point d’ouverture entre ces lèvres comme quelques anatomistes l’ont cru.
De chaque côté pend un appendice musculaire qui est la continuation du manteau , et qui sort par la fente latérale. On suppose que ces appendices aident à la progression.
Le manteau dans son milieu est demi-transparent; on voit à travers à droite , l’animal étant toujours placé sur le ventre , une partie des branchies sous forme de peigne , du côté gauche , et plus bas , on aperçoit le cœur et entre eux le muscle longitudinal et une partie de l’ovaire et du foie.
Ce muscle médian s’enfonce dans la pointe du milieu de la coquille, et entraîne avec lui le manteau. Quoiqu’il y ait généralement une
GENRES H YALE, CLEODORE ET CUVIERIE.
ouverture au bout de cette pointe du milieu , il n’y a cependant point de communication entre le sac branchial et le milieu ambiant; la coquille seule est percée.
On aperçoit encore de ce côté des cordons transverses blanchâtres, qui partent de la ligne médiane des deux côtés vers les appendices latéraux , et qui sont des fibres musculaires unies par faisceaux séparés et qui sont sans doute les muscles extracteurs des appendices.
D’après M. De Blainville ce sont ces fibres musculaires que Cuvier aurait pris pour des branchies, mais nous verrons plus loin que M. Cuvier a bien vu l’appareil respiratoire.
Si nous examinons maintenant VHyale du côté du ventre, nous voyons le manteau ouvert à sa partie antérieure, et on aperçoit plus difficilement les organes internes qu’en dessus. C’est que le manteau y est moins mince.
Il manque de ce côté les fibres musculaires transverses signalées sur le dos.
En écartant le bord libre du sac branchial , on peut distinguer l’anus qui est placé un peu à droite , non loin du bord libre. Il est par conséquent à gauche quand l’animal est dans sa position naturelle. {PL 3, fig. II, p.)
On aperçoit aussi de côté le conduit commun de l’appareil générateur et l’organe que Cuvier regarde comme le testicule. Ce dernier est placé sous la gorge, et le canal passe en dessous de l’aile pour aller s’ouvrir à côté de la verge, près du bord libre antérieur des ailes.
On a signalé aussi des tentacules dans ces Mollusques. Nous avons bien vu un petit appendice à côté de l’ouverture de l’appareil de la génération, et puis un autre petit à la même hauteur du côté gauche, mais ils avaient une forme différente , et tous les deux étaient extrêmement courts.
Cette description s’applique presque entièrement aux Cleodores et aux Cuvieries.
Dans ces deux genres , comme il n’y a point de fente latérale dans la coquille, le manteau ne présente ni les deux lèvres qu’on voit sur
GENRES HYALE , CLEODORE ET CUVIERIE.
le coté dans le genre précédent, ni les fibres musculaires transverses sur le dos.
Ces animaux présentent aussi quelques différences dans leur forme , puisque leur manteau suit exactement le contour de la coquille , et que celle-ci est triangulaire dans les Cleodores et arrondie dans les Cuvier ie s.
Le manteau s’ouvre dans les uns comme dans les autres , seulement vers le bord antérieur de sa face inférieure. Du côte opposé ou à la nuque , il adhère de même au-dessus de la verge.
Dans les Cleodores deux lèvres entourent également la bouche, mais elles sont plus allongées , moins rapprochées et la bouche est plus éloignée du bord libre.
Nous n’avons vu des tentacules ni dans les Cleodores ni dans les Cuvier ies.
Nous n’avons pas été plus heureux pour les yeux. Nous n’en avons vu des traces dans aucun des trois genres. Il est cependant possible qu’on en observe de rudimentaires à l’état frais.