LE SYSTÈME NERVEUX DU POULPE ARGONAUTE
Plusieurs auteurs se sont occupés déjà de l’anatomie des Céphalopodes. Swammerdam \ Monro 2, Tilesius 3, et surtout Cuvier 4 qui a fait sur ces animaux le travail le plus complet. Depuis De Blainville 5, Brandt et Ratzebourg 6, Delle Chiaie 7, Pander et D’Alton s, Richard
1 Biblia naturœ. Sur la seiche.
2 Physiologie des Poissons. Sur le Calmar.
3 Magazin anatomique d’ Isenflamm.
4 Mémoires sur les Mollusques .
5 Dicionn. des Sciences naturelles.
6 Medicinische Zoologie, vol. 2, pl. §1 et 32.
7 Memorie sulla storia e notomia degli animali senza vertebre. Pl. 102.
8 Histoire naturelle des Céphalopodes, par De Ferussac et D’Orbigny. (J’ignore si ces planches sont en circulation. M. De Ferussac me les avait données pour un travail queje préparais pour lui.)
SUR L’ARGONAUTE
Owen 1 et Grant 2 ont ajouté plusieurs faits intéressans à nos connaissances sur ce sujet. Presque tous se sont occupés du système nerveux. De Blainville a fait connaître, le premier, le ganglion gastrique qui avait échappé à Cuvier ; Brandt et Ratzebourg l’ont étudié avec un soin particulier, et ont ramené ces nerfs au système du grand sympathique, qu’ils ont fait connaître dans la plupart des groupes des animaux sans vertèbres. C’est J. Müller qui , le premier, a donné cette signification à des nerfs que plusieurs anatomistes avaient connus décrits et figurés , mais sans y attacher l’importance qu’ils méritent.
J’ai été conduit à faire une étude spéciale du système nerveux de l’Argonaute. J’avais à ma disposition trois individus que je voulais examiner d’abord pour en connaître le sexe , mais dont la curieuse disposition du nerf branchial m’a conduit à l’étude de tout le système nerveux.
Les faits principaux que je consigne ici et qui sont nouveaux ou vaguement annoncés par les auteurs, ont rapport à la forme et à la composition du cerveau, à la disposition des nerfs dans le pied de ces animaux ( ils ont deux sortes de nerfs ) , aux ganglions et nerfs stomato-gastrique et branchial. Ces derniers nerfs remplacent dans ces animaux le grand sympathique et le nerf pneumato-gastrique , et présentent des renflemens ganglionnaires qu’on peut comparer, à ce qu’il me semble, aux plexus cardiaque et solaire. En jetant les yeux sur la planche 4 on sera frappé de la ressemblance avec les nerfs de la vie végétative des animaux supérieurs.
Il y a dans ces animaux une tendance toute particulière des nerfs vers la forme ganglionnaire , et cette tendance se remarque aussi bien dans les nerfs de la vie de relation que dans ceux de la vie de conservation. On peut nettement établir cette distinction dans les nerfs des Céphalopodes, et nous allons la suivre dans cette description.
1 Anatomie du Nautilus pompilius , et dans le voyage du cap. Ross., Hist. nat. Rossia palp., p. 9S, pl. B etC (1834).
2 On the anatorny of the sepiola vulyaris , Transact. of zoolog. societ. vol. I , p. 77.
MÉMOIRE