ÉLÉVATION
Que de cris s’élèvent ensemble !
Que de chants inspirés montent vers toi, Seig;neur ! Seigneur, pour te louer la nature rassemble Toutes ses voix en un seul chœur !
4 4 M>i.iTrr>K.
La loudre gronde dans les nues, Les flots mugissent dans les mers; Des forêts les cimes chenues Résonnent aux vents des déserts ; Les torrens au l'ond des abîmes Éveillent des échos suhlimes;
Le lion rugit, bat son flanc...
La nuit même , dans son silence , Dit à l’insensé qui t’oflénse, Jéhovah ! que toi seul es grand !
Qui suis- je ! soleil de lumière , Pour élever ma voix vers toi?
Je me tairai dans la poussière.
Mais, Seigneur, si j’avais la foi...
Si du ciel la vivante flamme Illuminait soudain mon aine , Comme l’encens sur un autel ; Les mers, la terre et les abîmes Du tems sont les vastes victimes.
Mon cri seul serait immortel !
gOI.ITUDB.
Que n’ai-je en mes mains une lyre Plus bruyante que l’univers !
Un interminable délire Et d’intarissables concerts !
Que n’ai-je entre mes mains la foudre Qui renverse et réduit en poudre Toute idole d’impur métal,
Ou sur mes lèvres frémissantes Les trompettes retentissantes Qui donnent aux morts le signal!
Les morts errent ici sans nombre...
Voyez-les... loin de ton flambeau, Seigneur, ils se heurtent dans l’ombre Avant de gagner leur tombeau...
Ils portent sur leur front livide
La tache noire et déicide
D’un sang versé dans les tourmens...
Et l’oeil voit trop, par intervalle.
Passer une lueur frtale
Entre les creux des ossemens.
SOLITUI>B.
Seigneur, l’anic qui vous adore Dans son muet ravissement,
Bénit la main qui fait éclore Chaque étoile à son Bnnamenl...
Mais sur cet atome où nous sommes Que sont-ils à vos yeux ces hommes Superbes de leur vanité?...
Poussière que le vent emporte ,
Mais que le flot du teins rapporte
Aux bords de votre éternité !
Écume qui flotte à l’abline , Vapeur qui s’élève à la cime Des monts au réveil matinal,
Ici, qu’est-ce donc que la vie?
Onde qui ternit son cristal,
Lueur d’espérance ravie'; ' ‘ Alliage impur dit métal,
Fleur qui se fane à peine éclose Sur un trop aride chemin , ' r