‹ Exil et patrieChapitre 18 sur 78 · MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE

Tombez, tombez, feuilles ri'nulomne, Joncliez tous ces gazons flétris ;

Que mon pied foule la couronne De ces bois aux fronts dégai nis !

Qu’un»* luise Iruide et plaintive Passe, légère et fugitive,

Dans les bras vides des rameaux , Comme au soir la triste pensée, Qui, d’une aile errante et pressée, Passe, frémissante, aux tombeaux !

Va frapper la rive déserte.

Flot dont l’ombre ternit l’azur;

De la roche aride et couverte Fais flotter le limon impur.

Que l’astre si plein de mystère Laisse, en longs rayons, sa lumièn Tomber blafarde sur les flots ;

Et qu’un souffle chargé d’orage Porte, expiré sur le rivage.

Le dernier chant des matelots !

Passez en sifflant dans la brume.

Hôtes sauvages des rochers.

Dont l’étoile blanchit la plume Comme la voile des nochers !

MÉI.AKCOI.IF..

Perdez-vous (rahînic en abîme,

Volez cheiTher quelque victime Broyée aux vagues d’un écueil;

Et prêts à dévorer la proie,

Jetez aux vents un cri de joie Qu’entende la famille en deuil!

Plus de bruit... partout le silence !

Des nuages errant aux deux,

Fantômes noirs, dont l’ombre immense llend la nuit plus épaisse aux yeux !

Et mon ame, aussi sombre qu’elle,

Se laisse emporter sur son aile.

Comme un alcion sur les mers,

Qui, tandis que bat la tempête,

Jette au ciel un cri que n’arrête Ni la foudre ni les éclairs.

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