VNE PENSEE
Quand tout semble sourire à ma jeune existence Que tout rêve doré peut naître en mon printems Quand, féconde pour moi, l’urne de l’espérance Jonche de mille fleurs la roule de mes ans;
INK PRNft^E.
Quand j’entends à mon nom tani d’échos qui i-épondent l£t se disent entr’eux ; « Les flots du ciel l’inondent « De richesse et d’amour et de calme et de loi !
« Qu’il est heureux !... )• Oh! oui ! jele serais peut-être, Si trop souvent, mon Dieu, quelque chose en mon être. D’inquiet et d’ardent, ne s’armait contre moi !
Ce n’est pas qu’un doute dévore Un cœur épris de ton amour;
Qu’importe si brille l’aurore,
Il sait qu’après elle est le jour.
11 sait que souvent un nuage Traverse un riant paysage Et le ternit pour un moment ;
Mais que ce fantôme de brume Se dissipe en flocons d’écume,
Au plus léger souffle du vent.
Ce n’est pas non plus la tristesse baissant son voile de deuil.
Qui vient, comme une. sombre hôtesse.
L’attendre debout sur le seuil ;
IINE PENSÉE.
Non , non ! la retraite tranquille Qu’il choisit pour dernier asile N’oflre pas toujours des cyprès ;
Et sur les tapis d’herbe verte,
Souvent une table est couverte De fruits recueillis tout auprès.
Un bois, un rocher, une eau pure.
Lui prêtent chacun, tour k tour.
Son frais, sa mousse et son murmure ; Et lorsqu’à décliné le jour,
A l’heure où la foule insensée.
De ses labeurs en vain lassée, Demande aux plaisirs le repos,
Une main douce et qu’elle ignore.
Main qui remonte avec l’aurore.
Lui verse de légers pavots.
Et pourtant quelquefois dans l’ombre.
Mon œil s’ouvre et mon front pâlit ; Une pensée amère et sombre Me fait me tordre dans mon lit ;
tNE PBNSéE.
( lomme un hardi nocher hattu par la tempête, En vain, en vain je cherche à dégager ma tête Du limon qui se mêle à l’écume du port,
Ma frêle nef se rompt,... et la vague la hroie... Les monstres de l’abîme ont entouré leur proie, Et je ne sais quel flot me jette sur le bord.
Mourant et gisant sur la plage,
Long-tems, bien long-tems éperdu.
Ce n’est que bien après l’orage 'Qu’un peu de calme m’est rendu.
Alors, soulevant ma paupière,
Je contemple en paix la lumière D’un soleil à mon front bien doux ;
Et je laisse un souffle ineffable Sécher mes cheveux pleins de sable.
Pendant que je suis à genoux !
CONSOLJTION.
Quand d’un secret ennui notre ame est oppressée, Que roulant, sans l’user, une amère pensée.
Elle sèche ses jours d’un souffle flétrissant ; Quand un silence affreux succède son k murmure.
CO!^SOî,*T10\.
OS
Qu’elle tourne avec joie un fer dans sa blessure Pour en faire jaillir, goutte à goutte, du sang... Quelle main osera sonder sa plaie aigrie ?
Qui pourra soulager sa paupière attendrie D’une larme ?. . . Ah ' nul baume ici n’est assez doux ! Nul, tout nul ici-bas !... et l’homme, et sa science! Pour jeter dans le cœur un rayon d’espérance. Seigneur, il n’est que vous !
Heureux alors, heureux ! si les crêpes funèbres Relevés sur un front tout pâli de sueur,
Laissent son œil aride, errant dans les ténèbres. Saisir, saisir enfin la céleste lueur !...
Alors plus d’ennuis, de tristesse ;
Plus de noir dégoût qui l’oppresse;
Plus de coupe au cruel poison ;
Tout semble renaître à la vie.
Et l’été porterait envie A l’azur de son horizon.
Il entend au fond de son ame Une voix parler par instant ;
COKiOLATlON.
C’est comme une rapide flamme Qui s’élève en un sol brûlant.
C’est une goutte de rosée Qui vient sur une herbe épuisée Briller et s’eft’acer après,
Mais dont la féconde existence Donne, en une heure de présence.
Tout un jour de vie et de ft’ais...
Souvent s’asseyant sur la rive.
Le front pressé dans les deux mains.
Il laisse son ame pensive Explorer de nouveaux chemins.
Il la voit passer frémissante Près de la dépouille gisante Dans le désert qu’il a quitté ; Redoutant de toucher encore A ce vêtement qui dévore Le malheureux qui l’a porté.
Il la voit d’une aile légère,
Enflée au souffle le plus pur,
:<> r.oNSOLATion.
Secouant des flots de lumière,
Se perdre d’azur en azur.
Comme un cygne au brillant plumage.
Qui vole au delà du nuage,
Quand son lac n’a plus de sommeil,
Mais, quand a cessé la tempête,
Qui revient balancer sa tête Dorée aux rayons du soleil.
Des pleurs la source était tarie.
Elle coule abondante alors;
Sous ses doigts la rose flétrie S’enrichit de nouveaux trésors ;
Les hêtres étaient sans ombrage,
L'Océan était sans rivage,
La brise n’avait plus de voix ;
Tout aujourd’hui dans la natui'e Est fraîcheur, éclat et murmure.
Tout est pourtant comme autrefois !
Non ! non! tout est changé dans la vie ; et notre aine , Miroir terne et fêlé d’indignes passions,
COWSOI.ATIO:^.
Reflète, étincelant d’une immortelle flamme,
Un ciel pur habité de douces visions.
De l’espoir de nos jours elle a creusé l’abîme Où pendent en festons les fleurs de sa victime ;
Ses échos ont redit son éternel adieu -,
Et pour gagner le port à l’abri des alarmes,
D’une profonde voix qu’entrecoupaient les larmes, Elle a crié : « Mon Dieu! »