O BONHEUR PUR
O bonheur pur! ô douce paix de rame!
Sommeil de tous nos maux dans les bras du Seigneur, Pourquoi cacher aux yeux celle, vivanle llammc Qui d’espoir el d’amour illumine le cœur?
O BOKHRUR l>I B !
Non ! non, qu’ils chanlenl dans le monde Ces biens qui pour moi ne sont plus; Qu’ils épanchent entre eux leur onde A leurs rivages inconnus !
Qu’ils savoui’cnt leurs coupes pleines ; Que le soir de fraîches haleines Les enivrent de volupté !
Pour moi , je n’ai plus qu’un délire ,
Je ne redis plus sur ma lyre Qu’une impérissable beauté.
.l’aurai peu d’échos sur la terre :
Tel qu’une source, dans les bois , .Mon hymne encore est un mystère Qui se révèle à peu de voix —
Je chante parfois l’espérance;
Je parle, souvent d’innocence.
D’amour, de larmes, de désirs;
Je suis comme un Ilot sur la rive.
Qui porte h l’oieillc attentive Des paroles dans ses soupirs.
O BONHBUH pum ! îà
Oui, vous m’entendez dans vos rêves,
Vous qui, loin de i’honiine et du bruit,
Errez aussi le long des grèves ,
Cherchant le bonheur qui vous fuit.
Vous m’entendez sous le portique Où votre front mélancolique S’incline en pleurant devant Dieu,
Cœurs qui , iatigués d’espérance ,
Ne voulez plus que le silence Des pâles clartés du saint lieu.
Vous m’entendez peut-être encore, Vierges qui brûlez en vos cœurs Des parfums plus purs que l’aurore S’éveillant sur le sein des fleurs ;
Vous qui laissez flotter à peine.
Comme une ombre vague , incertaine , Quelques regards sur le chemin ,
Et qui, volant vers la patrie ,
Souriez, la tête embellie Des roses de voire festin;'...
O BOBIHBI R PI R !
Et ces enCans , troupes aiinces, Dont un ange a guidé la foi ,
Dans leurs visions embaumées Peut-être aussi rêvent de moi ?
Peut-êti e mon aine en silence ,
Se parant de leur innocence ,
Va la nuit voltiger près d’eux...
Et quand elle exhale à l’aurore Son premier encens.... elle ignore , Qu'il a déjà touché les deux.
Non ! ce n’est pas , Seigneur, une vaine pensée , Quand je sens en mon sein une douce rosée , Quand mon œil s’enivre du jour...
Quand je l’élève pur à la voûte divine Et que je sens soudain battre dans ma poitrine Des flots d’espérance et d’amour.