‹ Exil et patrieChapitre 21 sur 78 · O BONHEUR PUR · texte numérisé non relu

O BONHEUR PUR

O bonheur pur! ô douce paix de rame!

Sommeil de tous nos maux dans les bras du Seigneur, Pourquoi cacher aux yeux celle, vivanle llammc Qui d’espoir el d’amour illumine le cœur?

O BOKHRUR l>I B !

Non ! non, qu’ils chanlenl dans le monde Ces biens qui pour moi ne sont plus; Qu’ils épanchent entre eux leur onde A leurs rivages inconnus !

Qu’ils savoui’cnt leurs coupes pleines ; Que le soir de fraîches haleines Les enivrent de volupté !

Pour moi , je n’ai plus qu’un délire ,

Je ne redis plus sur ma lyre Qu’une impérissable beauté.

.l’aurai peu d’échos sur la terre :

Tel qu’une source, dans les bois , .Mon hymne encore est un mystère Qui se révèle à peu de voix —

Je chante parfois l’espérance;

Je parle, souvent d’innocence.

D’amour, de larmes, de désirs;

Je suis comme un Ilot sur la rive.

Qui porte h l’oieillc attentive Des paroles dans ses soupirs.

O BONHBUH pum ! îà

Oui, vous m’entendez dans vos rêves,

Vous qui, loin de i’honiine et du bruit,

Errez aussi le long des grèves ,

Cherchant le bonheur qui vous fuit.

Vous m’entendez sous le portique Où votre front mélancolique S’incline en pleurant devant Dieu,

Cœurs qui , iatigués d’espérance ,

Ne voulez plus que le silence Des pâles clartés du saint lieu.

Vous m’entendez peut-être encore, Vierges qui brûlez en vos cœurs Des parfums plus purs que l’aurore S’éveillant sur le sein des fleurs ;

Vous qui laissez flotter à peine.

Comme une ombre vague , incertaine , Quelques regards sur le chemin ,

Et qui, volant vers la patrie ,

Souriez, la tête embellie Des roses de voire festin;'...

O BOBIHBI R PI R !

Et ces enCans , troupes aiinces, Dont un ange a guidé la foi ,

Dans leurs visions embaumées Peut-être aussi rêvent de moi ?

Peut-êti e mon aine en silence ,

Se parant de leur innocence ,

Va la nuit voltiger près d’eux...

Et quand elle exhale à l’aurore Son premier encens.... elle ignore , Qu'il a déjà touché les deux.

Non ! ce n’est pas , Seigneur, une vaine pensée , Quand je sens en mon sein une douce rosée , Quand mon œil s’enivre du jour...

Quand je l’élève pur à la voûte divine Et que je sens soudain battre dans ma poitrine Des flots d’espérance et d’amour.

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