A MON FILS
Mon fils, je t’aime ! Oh ! j’aime à dire Ce qui fait ici mon bonheur ;
11 me semble que je respire Ce qui s’exhale de mon cœur.
\ M01V Plis.
A ton seul nom, la poésie
Epanche des flots d’ambroisie ;
Tout est frais, riant, matinal;
C’est mon printeras que ta pensée Où chaque fleur est caressée Sous l’aile d’un vent virginal.
Si parfois un léger nuage Passe sur mon horizon pur,
De ton beau ciel, exempt d’orage.
Je contemple long-tems l’azur.
Si quelque vague inquiétude Vient troubler de ma solitude Le lac d’où le cygne s’enfuit,
Ta voix, qu’on dirait plus sonore.
Chasse, comme un rayon d’aurore.
Ces noirs fantômes de la nuit.
Quand tu brilles dans la prairie.
Comme une fleur entre des fleurs, C’est à la nature chérie Un prisme aux plus riches couleurs !
A NON rus.
Quand, incliné sur la fontaine, Tu vois une image incertaine Sourire d’amour et de foi ,
Je crains, si près d’elle j’avance.
De détromper ton innocence De cet ange qui n’est que toi.
Que de fraîcheur a ta journée !
Que de parfums a ton matin !
Ta chevelure est couronnée De roses, de myrte et de thym ; Et si du zéphyr une haleine Sur ton cou la soulève à peine.
Comme des flots harmonieux; Je presse ma main caressante, De peur qu’une aile frémissante Ne t’enlève vivant aux cieux!