AU ROCHER
La nuit est sombre, et le rivage Est solitaire comme moi ;
Et mon cœur redoutant l’orage, S’éclaire d’un rayon de foi
Ai; nOCHRR.
Et je marche... et le sable à peine Jette un léger cri sous mes pieds;
Et las de ma course incertaine,
Aux flancs d’un rocher je massieds :
Rocher, seul témoin de ces heures D’amour, d’espérance et d’oubli.
Où loin des bruyantes demeures.
Mon nom s’était enseveli.
Rocher où se bat la tempête.
Où ruissèlent les flots amers ;
Qui ne laisse effleurer ta tête Qu’aux oiseaux hahitans des mers; Je te cherchais comme un symbole, Comme un emblème d’avenir ;
Et j’attachais une parole Au flot qui venait là gémir.
Parole incréée, inconnue.
Soupir qui fatigue ici-bas,
Voix qui monte, haute, éperdue.
Qui gronde et ne s’apaise pas ;
Je te cherchais, et j’aime encore Tes flancs gris et toh limon noir ;
AV mOCRKR.
J’aime à voir ton front que colore Un rayon égaré du soir ;
Et si moins tendre et moins rêveuse, Mon ame a séché bien des pleurs,
Je tremble, ô roche ténébreuse^ ,
De découvrir d’autres douleurs :
Douleurs froides, douleurs sans larmes, Qu’on n’ose pas même exhaler;
Qui n’ont plus d’espoir, ni d’alarmes.
Et qu’on ne peut plus consoler.
Plainte qui meurt avant de naître.
Larmes qui tarissent aux yeux,
Mon cœur frémit de vous connaître ,
Car en souffrant il est heureux !
Oui ! si mes longs jours de jeunesse Se sont flétris sur ce coteau ;
Si mon front voilé de tristesse S’est incliné sur un tombeau ;
Si j’ai laissé tomber au monde La voix d’un éternel adieu ;
Si ma blessure était profonde.
Pour la guérir je trouvai Dieu.
kv ROC.nKn.
Oh ! je sens encor sa présence , deux, à ma voix abaissez-vous !
Je ne retrouve d’espérance Que lorsque je suis à genoux :
Alors j’entrevois la lumière Qui se révèle à ma paupière Comme un fanal au voyageur.
Je ris de ma crainte insensée, Et je laisse enfin ma pensée Se reposer dans le Seigneur.