‹ Exil et patrieChapitre 31 sur 78 · AU ROCHER · texte numérisé non relu

AU ROCHER

La nuit est sombre, et le rivage Est solitaire comme moi ;

Et mon cœur redoutant l’orage, S’éclaire d’un rayon de foi

Ai; nOCHRR.

Et je marche... et le sable à peine Jette un léger cri sous mes pieds;

Et las de ma course incertaine,

Aux flancs d’un rocher je massieds :

Rocher, seul témoin de ces heures D’amour, d’espérance et d’oubli.

Où loin des bruyantes demeures.

Mon nom s’était enseveli.

Rocher où se bat la tempête.

Où ruissèlent les flots amers ;

Qui ne laisse effleurer ta tête Qu’aux oiseaux hahitans des mers; Je te cherchais comme un symbole, Comme un emblème d’avenir ;

Et j’attachais une parole Au flot qui venait là gémir.

Parole incréée, inconnue.

Soupir qui fatigue ici-bas,

Voix qui monte, haute, éperdue.

Qui gronde et ne s’apaise pas ;

Je te cherchais, et j’aime encore Tes flancs gris et toh limon noir ;

AV mOCRKR.

J’aime à voir ton front que colore Un rayon égaré du soir ;

Et si moins tendre et moins rêveuse, Mon ame a séché bien des pleurs,

Je tremble, ô roche ténébreuse^ ,

De découvrir d’autres douleurs :

Douleurs froides, douleurs sans larmes, Qu’on n’ose pas même exhaler;

Qui n’ont plus d’espoir, ni d’alarmes.

Et qu’on ne peut plus consoler.

Plainte qui meurt avant de naître.

Larmes qui tarissent aux yeux,

Mon cœur frémit de vous connaître ,

Car en souffrant il est heureux !

Oui ! si mes longs jours de jeunesse Se sont flétris sur ce coteau ;

Si mon front voilé de tristesse S’est incliné sur un tombeau ;

Si j’ai laissé tomber au monde La voix d’un éternel adieu ;

Si ma blessure était profonde.

Pour la guérir je trouvai Dieu.

kv ROC.nKn.

Oh ! je sens encor sa présence , deux, à ma voix abaissez-vous !

Je ne retrouve d’espérance Que lorsque je suis à genoux :

Alors j’entrevois la lumière Qui se révèle à ma paupière Comme un fanal au voyageur.

Je ris de ma crainte insensée, Et je laisse enfin ma pensée Se reposer dans le Seigneur.

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