‹ Exil et patrieChapitre 32 sur 78 · OH NON! LEUR JOIE ICI · texte numérisé non relu

OH NON! LEUR JOIE ICI

Oh non! leur joie ici n'est qu’un amer mensonge !

Vous seul, vous seul, mon Dieu, vous n’ètes point un songe Qui plane sur le cœur vide et brûlant d'amour!

Votre voix, je l’entends, et je bénis, je pleure.

OH non: I.RtR JOIR K.l...

El je dis, O mon Dieu, c’esl assez de celle heure Pour me consoler loul le jour !

C’est assez d’un soupir, c’est assez d’une larme ; C’est assez de la paix pure, pleine de charme,

Que l’on goûte un instant sur la pierre à genoux ; Le bonheur ici-bas passe, secret, rapide.

Mais ce courant, mon Dieu, fugitif et limpide.

Vous l’avez fixé là pour nous.

C’esl assez pour flatter sa dépouille mortelle De sentir quelquefois une vive étincelle Qui s’exalte à l’encens d’espérance et de foi;

C’est assez, ô mon Dieu, de voir dans son extase, Des trônes au dessus d’un monde qui s’embrase, El votre éternité pour soi !

Et que m’importe à moi des destins de la vie! Qu’a-t-elle à me donner pour ce bien que j’envie ? Qu’a-t-elle à celte fièvre, à cette soif de feu? Qu’a-t-elle, répondez? mon aine est résignée...

OR non! I.EtR JOIE ICI...

Dites, mais liàlez-vous, car son aile indignée Veut s’élancer vers vous, mon Dieu

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Il me pèse d’entendre et leurs vides promesses^

El leurs ris mensongers, et leurs ternes ivresses. Et de voir ces haillons qu’on porte avec orgueil ;

Il me prend tout à coup comme un vertige étrange ; Je souffre, impatient d’étoulTer dans leur l'ange, Tours ces vers altiers du cercueil !

El voilà (jue la mort s’agrandit et s’anime ;

J’y songe avec respect ; et son fantôme imprime

Quelque chose à l’entour, de grand, de solennel ;

J’entends sur la montagne une voix inconnue;

Et mon aine se tait devant Dieu, comme émue

De la vision d’Ezéchiel.

Elève, élève encor ton sublime cantique;

Chante, ô ma harpe d’or, sombre écho du portique. Souffle vif loin de l’homme errant sur les tombeaux. Chante et poursuis toujours ta course solitaire !

Itfi OH HO)1 ! rP.l'R JOIB ICI...

Ton ardente e.spérance, en planant sur la terre, Resplendit de rayons plus beaux!

Chante et laisse briller ta joie et ton délire,

Si les sages ici n’ont pour toi qu’un sourire,

S’ils détournent la tête et se parlent tout bas ; Chante, chante plus haut, car leur mépris t’honore : Tu n’as fait que redire en un cri plus sonore La voix qu’ils ne comprirent pas.

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