‹ Exil et patrieChapitre 33 sur 78 · A DES PETITS OISEAUX · texte numérisé non relu

A DES PETITS OISEAUX

Chanlez, chantez, petits oiseaux ; Balancez-vous sur ce vieux hêtre Qui laisse pendre à ma fenêtre Ses mélancoliques l ameaux.

CBANTBZ , CHANTEZ, l*ETriS OISEAl'X.

Chantez, votre voix est si pure !

Le silence ensuite est si fi-ais !

Chantez avec l’eau qui murmure,

Avec le vent <{ui dort auprès.

Chantez à la riante aurore Qui se baigne au milieu des flots,

A la brise qui vient d’éclore Dans la voile des matelots ;

Chantez, votre voix est si tendre !

Vos accords si mélodieux !

Mon cœur sourit à les entendre Comme un écho lointain des cieux !

Comme une vague sur la grève,

(2omrae un souffle dans les roseaux.

Comme, au matin, une ombre, un rêve Qui flotte dans les blancs rideaux ; Comme, au soir, un bruit de feuillée.

Comme un chaste baiser d’adieu.

Comme une paupière mouillée.

Comme un enfant qui dit : « Mon Dieu ! »

CHANTEZ, CRANTEZ, PETITS OISEAEX.

Mon cœur vous amie et vous écoule ;

Il retient ce charme qui fuit ,

Comme une fleur qui, goutte à goutte, Epanche les pleurs de la nuit!

Mais n’e.st-ce pas à la nature Un accent plus doux, plus serein?

iN’est-ce pas une voix plus pure Pour chanter son hymne divin ?

!N’est-ce point un écho sincère Qui redit nos vagues désirs ?

Une parole brève et claire A nos mystérieux soupirs ?

N’est-ce pas l’urne d’espérance Qui s’entr’ouvre avec un beau jour ?

Ou bien ce beau rêve d’enfance.

Qui s’éveille en disant : Amour!

Chantez, chantez, petits oiseaux; Balancez-vous sur ce vieux hêtre Qui laisse pendre à ma fenêtre Ses mélancoliques rameaux .

IIÜE SUIRÉE DE BAL.

C’esl sourire partout sur leurs lèvres fleuries ;

Ce sont des mots d’amour ;

Et, moi c’est le tissu d’austères rêveries Que trame chaque jour.

Ce sont les flots dorés, et les tresses d’ébènes Sur des fronts de quinze ans ;

( '-e sont visages frais, qui le cèdent à peine Aux trésors du printems.

( i’est quelque blanche main qui, tremblante et furtive, Rencontre une autre main...

Ou, d’un œil inquiet, une flamme trop vive Qui fait battre le sein.

i\on, ce n’est pas l’amour, chaste et sainte auréole...

Ce sont des chants, des ris;

L’amour est cette fleur que la foule frivole Ecrase avec mépris.

C’est la danse, le bruit et les vides pensées.

Les grands éclats de voix;

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